L’ancien ministre passé à l’opposition Issa Tchiroma Bakary a revendiqué ce 14 octobre 2025 sa victoire à l’élection présidentielle camerounaise de dimanche, 12 octobre, défiant le Président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 43 ans, alors que les résultats officiels ne sont attendus que dans deux semaines.

Plus vieux Chef d’État en exercice au monde, Paul Biya, 92 ans, brigue un 8e mandat. Issa Tchiroma Bakary, 79 ans et ancien ministre du camp présidentiel jusqu’en juin 2025, a suscité un engouement inattendu pendant la campagne, alors que la candidature de l’opposant historique Maurice Kamto a été rejetée.
« Notre victoire est claire. Elle doit être respectée », a déclaré M. Tchiroma. Il a appelé le régime de Biya à « accepter la vérité des urnes » ou à « plonger le pays dans un tourment ». « Le peuple a choisi, et ce choix doit être respecté », a-t-il insisté sur sa page Facebook, promettant de publier un rapport détaillé des résultats par région. Depuis ce 13 octobre, les militants des deux camps revendiquaient chacun leur victoire sur les réseaux sociaux, postant des photos de procès-verbaux ou des résultats inscrits sur les tableaux noirs dans les bureaux de vote. Et certaines figures de l’Opposition partageaient déjà publiquement leurs félicitations à M. Tchiroma.
Son équipe de campagne, qui affirme avoir placé des observateurs dans 90% des bureaux de vote, attendait la compilation des procès-verbaux pour « une approche statistique de cette victoire« . Dans son fief de Garoua où le candidat Tchiroma s’est retrouvé pris dans des échauffourées entre ses partisans et les forces de l’ordre dimanche, 12 octobre 2025, la présence militaire a été renforcée dans la matinée de ce 14 octobre, a constaté un journaliste de l’AFP.
En 2018, lors de la dernière présidentielle, Maurice Kamto, arrivé deuxième du scrutin et dont la candidature a été rejetée cette année 2025, s’était proclamé vainqueur au lendemain du vote. Kamto avait ensuite été arrêté, et les rassemblements de ses partisans dispersés à coups de gaz lacrymogènes et canons à eau, et des dizaines de manifestants arrêtés – certains demeurent toujours emprisonnés.
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