Sénégal: Présidentielle 2029 déjà dans toutes les têtes avec les agitations autour de Sonko et Faye

Afriquinfos Editeur
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La Coalition Diomaye Faye en AG

Dakar (© 2026 Afriquinfos)- La coalition « Diomaye Président » a tenu ce samedi 7 mars à Dakar sa première assemblée générale. L’événement officialise l’autonomie politique du chef de l’État vis-à-vis du Pastef, le parti de son Premier ministre Ousmane Sonko, après des mois de tensions au sommet de l’État.

Cinq cents partisans réunis à Dakar ont participé à sa première assemblée générale, en présence du président de la République, rapporte RFI. L’alliance avait été créée pour rassembler des soutiens à la candidature de Bassirou Diomaye Faye à la présidentielle de 2024.

Le chef de l’État a fixé de nouvelles ambitions à cette structure. La coalition doit désormais se déployer « partout, dans tous les départements, dans toutes les communes et villages et quartiers du Sénégal », a-t-il martelé, et servir à vulgariser l’action du gouvernement. Sur scène, certains participants ont d’ores et déjà déclaré leur soutien au président pour les élections locales de 2027 et la présidentielle de 2029.

Une série de textes fondateurs a également été adoptée lors de l’assemblée. Me Abdoulaye Tine, membre de la coalition, en résume l’esprit: « Une coalition de conquête n’est pas une coalition d’exercice. C’est pour ça qu’il fallait recentrer la coalition pour soutenir le mandat présidentiel. »

La rencontre s’est déroule en présence de plusieurs responsables politiques et membres du gouvernement.

Les travaux de l’assemblée ont été marqués par la lecture et l’examen des textes régissant l’organisation interne de la coalition. Cette étape vise à doter la plateforme d’un fonctionnement institutionnel formalisé, avec des règles précises encadrant la participation des différentes composantes.

Aminata Touré, chargée de superviser le processus de structuration, a indiqué lors de la rencontre que la coalition enregistrait déjà l’adhésion d’un nombre important d’élus locaux. Elle a évoqué l’arrivée de près de 300 maires au sein de la plateforme ces dernières semaines.

La coalition Diomaye Président s’est constituée autour du chef de l’État après l’élection présidentielle de 2024. Elle rassemble des partis politiques, des mouvements citoyens et des organisations issues de différents horizons politiques.

Des soutiens déjà affichés pour les prochaines échéances

Au cours de l’assemblée générale, certains responsables locaux ont évoqué les prochaines échéances électorales. Le maire de Tassett a notamment affirmé que les membres de la coalition se disaient prêts à soutenir le président Bassirou Diomaye Faye lors des élections locales prévues en 2027.

L’élu a également déclaré que la coalition pourrait se mobiliser en faveur d’une nouvelle candidature du chef de l’État lors de l’élection présidentielle de 2029. « Nous sommes prêts à soutenir Diomaye Faye aux futures locales de 2027 et à le réélire en 2029 », a-t-il déclaré lors de son intervention.

Ces prises de position largement applaudies traduisent la volonté de certains membres de la plateforme de prolonger le soutien politique accordé au président au-delà du mandat actuel.

Cette prise de position, dans la salle, marque un signal politique fort, révélateur des tensions et de la rupture apparue entre le chef de l’État et le leader de PASTEF, Ousmane Sonko.

La rupture avec le Pastef s’officialise

Les discussions autour de l’organisation et de l’avenir de la coalition interviennent dans un climat politique marqué par des interrogations sur les relations entre les principales figures du pouvoir. Le Premier Ministre Ousmane Sonko a déclaré le 1er mars 2026, lors d’une diffusion en direct, que le parti Pastef pourrait quitter le gouvernement et rejoindre l’opposition si le président Bassirou Diomaye Faye s’éloignait de la ligne politique commune.

Sans renier directement le Pastef, Bassirou Diomaye Faye a conclu son discours en promettant de « ne jamais trahir » sa coalition.

Les tensions entre les deux hommes s’accumulent depuis novembre 2025. Le président Faye avait alors limogé Aïssatou Mbodj, proche du Premier ministre et coordinatrice de la coalition, pour la remplacer par sa propre conseillère Aminata Touré. Sonko, officiellement en congé, n’avait pas participé au Conseil des ministres le lendemain et publiquement rejeté cette décision, affirmant que Faye n’en avait pas le pouvoir.

Le contexte économique aggrave ces frictions. Les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) s’éternisent, alors que Dakar cherche à conclure un nouveau programme de prêts. Le FMI avait gelé un programme de 1,8 milliard de dollars en 2024, après que le gouvernement Sonko eut révélé des dettes mal déclarées par l’administration précédente, estimées à plus de 11 milliards de dollars.

Sonko campe sur ses positions

Début mars, le Premier Ministre avait franchi un nouveau palier. Il s’est dit prêt à retirer le Pastef du gouvernement si le chef de l’État rompait avec la vision du parti. Il avait évoqué une possible « cohabitation douce » en cas de divergences persistantes ou un retour dans l’opposition si la rupture devenait trop nette. « Le Pastef n’a aucun problème avec l’une ou l’autre de ces options », avait-il martelé.

La question de l’éligibilité de Sonko à la présidentielle de 2029 plane sur ces tensions. Condamné en janvier 2024 à six mois de prison avec sursis pour diffamation envers un ancien ministre, le Premier ministre avait été empêché de se présenter en 2024. La Cour suprême a rejeté son recours en juillet 2025. Sonko affirme que la loi d’amnistie de mars 2024 couvre sa condamnation, une interprétation que contestent de nombreux juristes. « Rien ne peut m’empêcher d’être candidat!« , avait-il lancé en décembre devant ses partisans au Grand Théâtre de Dakar.

V.A.