Abidjan (© 2026 Afriquinfos)- Incroyable, mais vrai ! Après 110 ans d’absence, le tambour parleur est libre. Il était temps. On commençait à croire que c’était l’Afrique elle-même qui l’avait volé. Pendant ce temps d’attente, nous avons troqué le son des messages rythmés de l’Afrique contre les sons de notifications WhatsApp, Facebook, TikTok …
Ironiquement, nos ancêtres faisaient passer le message sans téléphone ni réseau Internet, un son du tambour et tout le village était informé. Aujourd’hui, avec l’arrivée des réseaux, on oublie la tradition: qu’une panne survienne et bonjour le scandale ! Le progrès nous a rendus tous connectés mais dépendants. À croire que nous avons plus peur d’un téléphone déchargé que de l’oubli de notre propre histoire.
Le DJIDJI AYOKWE parlait à l’oreille des villageois ; le téléphone, lui, parle dans le vide. Son retour nous réjouit certes, mais attention: entre photos officielles et discours applaudis du Gouvernement, le tambour sera-t-il écouté dorénavant? Il ne faudrait pas que le tambour parleur tombe aux oubliettes.
Son retour n’est pas qu’un évènement symbolique. C’est un rappel. Un rappel que la modernité n’a de sens que si elle dialogue avec nos racines. Encore, faut-il que nous sachions vraiment l’écouter.
Fabiola Kouadio



