La justice belge va ouvrir une enquête sur l’assassinat de l’ancien PM congolais Patrice Lumumba

 

Selon la décision de la Chambre des mises en accusation, l’assassinat de Patrice Lumumba pourrait constituer un crime de guerre, d’autant que le Congo-Kinshasa était alors en conflit armé.

Des fils de Patrice Lumumba ont porté plainte, l’année dernière, au parquet fédéral belge contre une douzaine de survivants, policiers, politiciens et fonctionnaires, accusés de complicité dans l’assassinat du premier Premier ministre de cette ancienne colonie belge. Le dossier concerne, entre autres, Jacques Brassine, diplomate belge au Katanga en 1961, et Charles Huyghé, chef de cabinet du ministre de la Défense katangais à l’époque.

La loi belge de 1993 sur la compétence universelle autorise la justice du royaume à engager des poursuites contre les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les crimes de génocide commis hors du territoire belge, lorsque les plaignants ou les prévenus ont un lien avec la Belgique.

Patrice Lumumba était le premier Premier ministre congolais de juin à septembre 1960, marqué par la rupture avec la métropole coloniale. Après un coup d’Etat soutenu par la CIA des Etats-Unis et la prise du pouvoir par le colonel Mobutu à Kinshasa, il a été arrêté en octobre 1960 et transféré en janvier 1961 aux responsables du Katanga faisant sécession avec l’appui de la Belgique qui a mobilisé quelque 11.000 militaires dans la crise congolaise. Patrice Lumumba a été assassiné immédiatement à son arrivée au Katanga.

Les forces armées belges ont été accusées d’avoir couvert, voire coordonné, l’opération de transfert.

Une commission d’enquête du Parlement belge a conclu en 2001 à « la responsabilité morale » de la Belgique dans l’assassinat de Patrice Lumumba, tandis que Bruxelles a présenté les excuses à Kinshasa.

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