RDC: Fermeté de la Haute cour militaire à l’égard de Kabila pour quelle application pratique?

Une arrestation de l'ex-Président par les autorités congolaises semble toutefois peu probable à ce stade malgré sa condamnation.

Afriquinfos Editeur
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L'ancien Président de la RDC, Joseph Kabila, lors d'une rencontre avec des dirigeants de diverses confessions religieuses dans l'une de ses résidences à Goma, le 29 mai 2025.
L'ancien Président de la RDC, Joseph Kabila, lors d'une rencontre avec des dirigeants de diverses confessions religieuses dans l'une de ses résidences à Goma, le 29 mai 2025.

L’ex-Président de la RDC (République démocratique du Congo), Joseph K. Kabila, a été condamné à mort ce 30 septembre au terme d’un procès par contumace pour « trahison » et « crimes de guerre », devant la Justice militaire du pays où il ne réside plus depuis deux ans.

Une arrestation de l’ex-Président par les autorités congolaises semble toutefois peu probable à ce stade malgré sa condamnation. Par ailleurs, un moratoire sur l’exécution de la peine capitale en vigueur depuis 2003 a été levé en 2024 mais aucune exécution n’a eu lieu depuis. Un recours en justice est encore possible devant la Cour de cassation, uniquement pour tenter de faire valoir une irrégularité dans la procédure mais pas pour réexaminer le fond de l’arrêt de la Haute Cour militaire.

L’ex-Président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, est condamné à mort au terme d’un procès par contumace pour trahison mené devant la justice militaire du pays.

Par cette décision de justice, Kinshasa espère envoyer « un message fort auprès des rebelles sur son intransigeance » mais également « fragiliser un adversaire » qui a tenté de « fédérer l’opposition », explique à l’AFP Ithiel Batumike, chercheur à l’Institut congolais Ebuteli. L’Est congolais, riche en ressources naturelles, est déchiré par des conflits depuis trente ans. La présence d’une multitude de groupes armés et milices y nourrit un climat d’insécurité quasi permanent. Le M23, qui clame sa volonté de renverser le régime du Président Tshisekedi, est réapparu dans la région fin 2021.

Un accord de paix entre les Gouvernements congolais et rwandais a été signé en juin 2025 à Washington. Une Déclaration de principe avec le M23 « en faveur d’un cessez-le-feu permanent » a également été signée au Qatar en juillet dernier, mais les violences sur le terrain persistent. Exécutions sommaires, viols collectifs ou enlèvements, les ONG dénoncent des exactions sur les civils. Une enquête des Nations Unies début septembre 2025 a pointé des actes de toutes les parties au conflit pouvant constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Fils de Laurent-Désiré Kabila, rebelle ayant fait tomber le dictateur Mobutu Sese Seko, Joseph Kabila a hérité du pouvoir en 2001 par succession de type monarchique, après l’assassinat de son père en janvier de la même année. En 2019, après deux mandats, il a quitté le pouvoir en laissant la place à Félix Tshisekedi. En 2019, après deux mandats, il a quitté le pouvoir en laissant la place à Félix Tshisekedi, comme il s’y était engagé.

© Afriquinfos & Agence France-Presse