RDC/Aéroport de N’Djili: Enquête autour de la saisie de près de 2 millions USD en liquide 

Selon un communiqué officiel du ministère de la Justice, le montant saisis a été revu à la hausse après des enquêtes approfondies. Initialement estimée à 1.900.000 USD, la somme totale retracée s’élève désormais précisément à 3.532.000 USD (trois millions cinq cent trente-deux mille dollars).

Afriquinfos Editeur
5 Min de Lecture
RDC/Aéroport de N'Djili: Enquête autour de la saisie de près de 2 millions USD en liquide 
Les valises contenant les millions de dollars saisies à l’aéroport international de N'djili.

Kinshasa (© 2026 Afriquinfos)- La saisine d’une somme colossale en espèces estimée à 1,9 million de dollars américains à l’aéroport international de Ndjili, à Kinshasa, ce 22 mars 2026, s’est transformée en une affaire de blanchiment d’argent d’une ampleur inédite. Défiant les procédures financières établies. Selon un communiqué officiel du ministère de la Justice, le montant saisis a été revu à la hausse après des enquêtes approfondies. Initialement estimée à 1.900.000 USD, la somme totale retracée s’élève désormais précisément à 3.532.000 USD (trois millions cinq cent trente-deux mille dollars).

Selon des sources officielles, l’argent était soigneusement dissimulé dans deux valises lorsqu’il a été découvert par les services compétents. Une saisie spectaculaire qui alimente immédiatement les soupçons sur l’origine réelle des fonds et leur destination finale.

Alerté le jour même, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a réagi sans délai. Dans une correspondance urgente adressée au Procureur général près la Cour de cassation, il évoque une affaire traitée «avec la plus grande gravité». Plus inquiétant encore, il met en garde contre de possibles tentatives de manipulation ou de partage illégal de cet argent, en violation flagrante des lois de la République démocratique du Congo.

Face à la sensibilité du dossier, des mesures strictes ont été immédiatement ordonnées : saisie intégrale des fonds, mise sous scellés en présence d’officiers de police judiciaire, établissement d’un procès-verbal détaillé et dépôt obligatoire à la Banque centrale du Congo.

En parallèle, le dossier a été transmis à la CENAREF pour des investigations approfondies liées à un éventuel blanchiment de capitaux, tandis qu’une enquête judiciaire a été ouverte pour retracer l’origine et la destination de ces fonds.

Les autorités parlent déjà d’une affaire «hautement sensible» pour l’ordre public et la crédibilité des institutions. Le ton est ferme: toute tentative de détournement ou d’irrégularité sera poursuivie« avec la plus grande rigueur ».

Pour l’heure, les 1,9 million de dollars sont sécurisés à la Banque centrale, mais une question brûle toutes les lèvres: à qui appartenait réellement cet argent et dans quel but circulait-il ?

L’affaire, révélée publiquement le dimanche 22 mars 2026, s’inscrit explicitement dans le cadre de l’application de l’article 25 de la loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Si la détermination affichée à ‘’combattre l’impunité et la criminalité économique’’ est clairement réaffirmée, aucune piste concernant le détenteur des valises n’a filtré. Le ministre a indiqué que ‘’les autorités judiciaires compétentes poursuivent leurs enquêtes pour faire toute la lumière sur l’origine et la destination de ces fonds’’. Une réponse jugée trop évasive par de nombreux observateurs et citoyens qui exigent, sur les réseaux sociaux, une transparence totale.

Une vidéo qui interroge

Parallèlement à cette affaire, une autre séquence trouble a retenu l’attention des autorités. Une vidéo, devenue virale ce lundi 23 mars, a contraint la BCC (Banque centrale du Congo) à réagir publiquement.

Les images, qui montrent des individus manipulant d’importantes liasses de billets dans des conditions pour le moins inhabituelles, ont provoqué un émoi considérable. La BCC a immédiatement annoncé sur son compte officiel l’ouverture d’une enquête sur la vidéo virale.

L’institution a précisé vouloir «s’assurer de la conformité des procédures, établir les responsabilités et prendre les sanctions et mesures nécessaires», réaffirmant par la même occasion son engagement en faveur de la transparence. La concomitance de ces deux événements – la saisie monumentale à Ndjili et la vidéo controversée impliquant des manipulations d’espèces – soulève des questions fondamentales sur l’intégrité du système financier congolais.

S’agit-il de coïncidences ou les révélations d’un même mal, d’une économie parallèle où les liquidités circulent hors des circuits régulés, alimentant la corruption et l’enrichissement illicite?

Les enquêteurs devront non seulement identifier les propriétaires des 3,5 millions de dollars, mais aussi retracer le parcours des liasses filmées. La capacité de la justice à mener à bien ces investigations sans entrave sera un test crucial pour la crédibilité des institutions en charge de la lutte contre la criminalité économique dans l’Etat francophone le plus peuplé de la planète.

Afriquinfos