30ème Sommet de l’UA : les injures de Trump sur l’Afrique font toujours couler la salive

Addis-Abeba (© Afriquinfos 2018)- Après que plusieurs aient montré leurs mécontentement face aux propos malsains du président Américain sur le continent Noir, c’est autour de Moussa Faki Mahamat, président de la commission de l’Union Africaine d’en faire autant.

Dans son discours prononcé à l’ouverture des travaux du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA) en marge du 30ème  sommet de l’institution panafricaine, qui se tient depuis lundi à Abidjan, Moussa Faki Mahamat, cet adepte des discours coup de poing, a fait ressortir des messages forts en réaction à la sortie du président américain, Donald Trump, mais aussi sur la nouvelle impulsion qu’il entend donner à l’organisation panafricaine.

« Au moment où vos assises se tiennent, l’Afrique n’a pas fini de digérer les déclarations du président des États-Unis qui ont profondément choqué par les messages de mépris, de haine, de désir de marginalisation et d’exclusion de l’Afrique qu’elles ont véhiculées. De telles déclarations, venues à la suite d’autres sur Jérusalem et la réduction des contributions au budget de maintien de la paix à l’échelle mondiale, inclinent à penser que le multilatéralisme connaît une grave crise. Le continent ne saurait se taire à ce sujet. »

« Malgré les spécificités soulevées, ici et là, sur le principe de la taxe de 0,2% sur les importations éligibles, il est heureux de constater qu’un très large consensus s’établit sur la nécessité d’assurer cette indépendance financière. Ce n’est pas seulement une question de rationalité, d’efficacité et d’efficience, mais également une question de dignité et de souveraineté décisionnelle. Sans son indépendance, l’Afrique n’est rien du tout. Avec son indépendance, elle peut être tout. », a assuré Moussa Faki dans son allocution.

La lutte contre la corruption

Tablée autour du thème « la lutte contre la corruption, une pratique qui touche de façon inégale les pays du continent » cette grande réunion a vu la participation de 55 dirigeants de l’Union africaine (UA) les 28 et 29 janvier 2018, à Addis Abeba en Ethiopie.

Autre sujet au menu des discussions, les réformes institutionnelles et financières. Toutefois, l’UA ne devrait pas perdre de vue ses objectifs de prévention et de résolution des conflits, ni son rôle d’atténuation des éventuelles violences liées aux élections.

Selon le rapport de International Crisis Group publié le 17 janvier 2018, sept (7) priorités devraient occuper l’agenda 2018 de l’UA. En effet, l’année 2018 pourrait apporter des changements majeurs pour l’Union africaine (UA) qui se propose de mettre en œuvre un large programme de réformes institutionnelles et financières. Et c’est à juste titre que le président du Rwanda Paul Kagame, initiateur et chef d’orchestre de ce processus, prendra la présidence de l’Assemblée de l’UA, à la suite de ce 30e sommet de l’organe suprême de décision de l’organisation, ce qui implique que ces réformes seront une des priorités de l’UA.

« Les changements qui seront opérés sont essentiels pour la santé à long terme de l’organisation, mais leur mise en œuvre ne sera pas une mince affaire. Le président Kagame, qui travaille étroitement avec le président de la Commission Moussa Faki Mahamat, devra veiller à ce que cela ne consume pas toute l’énergie dont l’UA a besoin pour mener ses autres tâches essentielles comme la prévention et la résolution des conflits continentaux » rappelle le rapport.

Ainsi parmi les priorités de l’UA pour l’année 2018, figurent les importants efforts de réforme certes, mais aussi la nécessité de contenir les frictions entre le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique (RASD) pour qu’elles ne perturbent pas les travaux de l’organisation ; aider à résoudre ou à éviter d’éventuelles crises liées aux élections en RDC, au Cameroun, au Mali ou au Zimbabwe et gérer les conflits en République centrafricaine, en Somalie et au Soudan du Sud.

Vignikpo Akpéné

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