Madagascar/Législatives du 29 mai: Quelle formation est en passe de contrôler le Parlement selon les chiffres provisoires de la CENI?

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Antananarivo (© 2024 Afriquinfos)- Les résultats provisoires des élections législatives malgaches sont connus depuis ce 11 juin 2024. Selon ces résultats publiés par la CENI, aucun des deux camps, que ce soit l’Irmar, le parti présidentiel en pole position, ou l’opposition, n’a décroché la majorité absolue (n’a obtenu 82 sièges sur les 163 sièges prévus). Les candidats issus de la plateforme présidentielle ont obtenu 80 sièges, 52 autres sièges sont obtenus par les candidats indépendants contre 25 pour l’opposition, et le reste revient à quelques petits partis.

Les responsables de la Céni ont égrainé les scores, circonscription par circonscription, et pas de majorité pour le parti présidentiel ni pour l’opposition. Les alliances avec les candidats vainqueurs qui se sont présentés sous la bannière « indépendants » seront déterminantes. La Haute Cour constitutionnelle a désormais seize jours pour proclamer les résultats définitifs.

D’après ces résultats, certains poids lourds n’ont pas réussi à se faire réélire. C’est le cas de Rossy et Christine Razanamahasoa, deux anciens alliés du président qui sont tombés en disgrâce et se sont présentés comme indépendants. En revanche, d’autres candidats peu conventionnels ont surpris, notamment le journaliste renommé Gascar, qui a été élu avec plus de 30% des voix dans le 3e arrondissement de la capitale, éliminant ainsi tout candidat du parti présidentiel.

Lors de sa première participation aux élections législatives, Rina Randriamasinoro, le secrétaire général du TIM, le parti fondé par Marc Ravalomanana, remporte de manière écrasante le premier des deux sièges du 4e arrondissement de la capitale. Il sait déjà que le défi sera maintenant de convaincre les indépendants de rejoindre leur plateforme d’opposition. « Notre argument, c’est qu’il est nécessaire d’unir nos forces pour apporter du changement. Mais honnêtement, nous ne pouvons pas rivaliser avec les détenteurs du pouvoir en termes de financement. Donc, s’ils veulent continuer à pratiquer la corruption à l’Assemblée nationale, nous ne pourrons pas les battre.« 

Vainqueur lui aussi d’un siège dans le 1er arrondissement d’Antananarivo, Augustin Andriamananoro, ministre de la Culture démissionnaire, est convaincu que les indépendants n’hésiteront pas à rallier son parti présidentiel. « Je pense que beaucoup de ces indépendants étaient des candidats recalés de notre plateforme Irmar, parce que c’est vrai, on n’a pas pu donner le mandat officiel à tout le monde. Nous avons dû sélectionner des candidats. Or aujourd’hui, il y a déjà beaucoup d’indépendants qui rejoignent le camp présidentiel. Certains ont préféré jouer leur propre carte locale, avec les associations des maires, etc, et qui sont d’audience d’obédience native du TGV ou du Mapar », a déclaré Augustin Andriamananoro.

Et comme pour lui donner raison, le candidat indépendant Jacques Bruno Fils Goulamaly, fraichement élu à Antanimora sud, assure: «Auparavant, j’étais pro-Irmar. La discipline du parti ne m’a pas permis de me présenter. Alors, j’ai concouru en tant qu’indépendant. Mais maintenant, je vais revenir avec l’Irmar pour soutenir notre président, notre régime aussi».

Ces prochains jours, les alliances seront cruciales. Les candidats ont encore deux jours pour contester les résultats provisoires auprès de la Haute Cour constitutionnelle qui a déjà reçu plus d’une centaine de requêtes. La Cour devra y répondre avant d’annoncer les résultats définitifs au plus tard le 27 juin.

Un scrutin marqué par des contestations

Durant son discours, le président de la CENI, Dama Arsène Andrianarisedo, a toutefois mis en avant les réformes appliquées par la structure qu’il dirige au cours de ces élections législatives, dont la formation de tous les membres de bureau de vote, la mise en place d’isoloirs conformes aux normes de transparence, ou encore l’utilisation de tablettes et smartphones pour accélérer la publication des résultats. Toujours selon la CENI, le taux de participation à ces scrutins est de 48,03% sur tout l’ensemble du territoire.

Ces scrutins ont été marqués par la profusion de contestations aussi bien des candidats du parti au pouvoir que ceux de l’Opposition qui s’accusent de fraudes. A la sortie de la cérémonie de proclamation des chiffres provisoires, le leader de l’Opposition, Marc Ravalomanana, pointe du doigt des violations de la Constitution et des fraudes.

Vignikpo Akpéné