L’exécutif du Faso annonce deux mobiles justifiant une revalorisation expresse du prix du gasoil 

Afriquinfos Editeur
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Une voiture à la pompe (DR-Le Volontariste)

Ouagadougou (© 2026 Afriquinfos)-  Le prix du litre de gasoil est passé de 675 à 750 F CFA au Burkina Faso, depuis ce lundi 10 août 2026, soit une hausse de 75 F CFA. L’annonce a été faite dans la soirée du dimanche 9 août par Abdou-Salam Gampéné, Secrétaire général de la Primature et président du Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures (CIPDH).

La décision s’explique par plusieurs facteurs, notamment la hausse des cours du pétrole brut sur le marché international, l’augmentation des coûts du fret maritime et terrestre ainsi que l’appréciation du dollar face au franc CFA. C’est l’une des explications données par Abdou-Salam Gampéné, Secrétaire général de la Primature et Président du Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures (CIPDH), pour justifier la hausse du prix du gazoil au Burkina.

« Et si aujourd’hui, il est revu à la hausse, cela ne dépend pas du Burkina Faso », a poursuit Abdou-Salam Gampéné lors d’une intervention, rappelant que le prix du gasoil est resté stable depuis 2022 grâce au mécanisme de subvention mis en place par l’État.

D’après lui, les tensions liées à la crise au Moyen-Orient ont contribué à la flambée des cours du pétrole brut au cours de l’année 2026. Ces différents facteurs ont entraîné une hausse du prix réel des produits pétroliers.

Pour le gasoil, ce prix réel a atteint environ 1 050 F CFA le litre à un moment donné, alors que le prix à la pompe était maintenu à 675 F CFA grâce aux subventions publiques.

Au cours des six premiers mois de 2026, l’État burkinabè a ainsi consacré environ 60 milliards de F CFA à la subvention du gasoil. Selon le président du CIPDH, en l’absence de mesures correctives, cette charge pourrait dépasser 130 milliards, voire atteindre plus de 135 milliards de F CFA d’ici la fin de l’année.

À cette pression sur les finances publiques s’ajoute une hausse de la consommation de gasoil, liée notamment à l’écart de prix avec plusieurs pays voisins. « La quasi-totalité des pays de la sous-région ont des prix supérieurs à 675. Les transporteurs de ces pays préfèrent venir faire le plein au Burkina. Il y a une sorte de surconsommation sur le gasoil », a indiqué Abdou-Salam Gampéné.

La consommation a dépassé 365 millions de litres à fin juin 2026 et pourrait atteindre 730 millions de litres d’ici décembre, contre une consommation nationale moyenne estimée à environ 500 millions de litres. Le surplus, évalué à plus de 230 millions de litres, représenterait une charge supplémentaire d’environ 70 milliards de F CFA pour l’État.

Le gouvernement estime que cette situation fragilise la soutenabilité du système de subvention et pourrait, à terme, affecter la continuité de l’approvisionnement du pays en hydrocarbures.

Malgré cette hausse de 75 F CFA du prix du gasoil, le président du CIPDH appelle toutefois les opérateurs économiques à ne pas procéder à une augmentation automatique des prix des biens et services.

« Il est conseillé de ne pas procéder à une augmentation des prix de quelque manière. Toute personne qui s’exercera à vouloir augmenter les prix de façon unilatérale aura sur son chemin les corps de contrôle », a-t-il averti.

Cette hausse de 75 francs CFA intervient après quatre années durant lesquelles le prix du gasoil était resté fixé à 675 francs CFA.

Cependant « le prix des autres produits reste inchangé, et c’est parce que le Chef de l’État et les plus hautes autorités ont privilégié une politique de stabilité des prix à travers les subventions », a-t-il conclu.

« S’il est question de revoir les prix à la hausse, c’est parce que c’est une réalité qui ne dépend pas de notre pays. Nous assistons à une flambée des prix sur le marché international due à la guerre au Moyen-Orient. Le prix du pétrole et les transactions ont flambé », a-t-il poursuivi.

Le nouveau prix de 750 F CFA le litre est entré en vigueur à compter de ce 10 août 2026.

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