Luanda (© 2026 Afriquinfos)- Le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a effectué ce lundi 5 janvier 2025, une brève visite de travail en Angola, où il a rencontré son homologue João Manuel Gonçalves Lourenço, président de la République d’Angola et président en exercice de l’Union africaine.
Arrivé à Luanda en début d’après-midi, selon la Présidence angolaise, le chef de l’État congolais a été reçu au palais présidentiel de Cidade Alta pour des échanges centrés sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC. Après quelques heures de discussions, il a regagné Kinshasa dans la soirée.
À l’issue de la rencontre, Félix Tshisekedi a déclaré devant la presse angolaise que le thème principal de sa visite portait sur ‘’la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo’’. Il a salué les propositions formulées par son homologue angolais, qu’il a jugées ‘’très intéressantes’’ et susceptibles ‘’d’apporter une contribution significative’’ aux efforts de stabilisation dans la région.
‘’La situation sur le terrain reste celle d’une guerre qui nous a été imposée’’, a affirmé le président congolais, soulignant l’importance du soutien régional et continental pour parvenir à une solution « durable’’.
Cette visite, bien que brève, illustre la volonté des deux dirigeants de renforcer la coopération bilatérale et de mobiliser l’Union africaine autour de la recherche de la paix dans l’Est de la RDC, théâtre de violences persistantes.
Cette rencontre intervient au lendemain de l’entérinement des accords de Washington entre Kinshasa et Kigali, en présence du président américain Donald Trump, et alors que les combats se sont intensifiés dans l’est du pays. La rébellion de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), que Kinshasa affirme être appuyée par le Rwanda, a récemment pris le contrôle de la ville stratégique d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu.
Depuis la signature de ces accords, Félix Tshisekedi multiplie les consultations régionales. Le 20 décembre, il avait dépêché à Brazzaville son ambassadeur itinérant Antoine Ghonda Mangalibi pour informer le président congolais Denis Sassou Nguesso, doyen de la région, des dernières évolutions sécuritaires et humanitaires dans l’est de la RDC.
« Immédiatement après la signature des accords à Washington, la rébellion de l’AFC/M23 a repris les hostilités avec le soutien du Rwanda », avait alors déclaré Antoine Ghonda Mangalibi, dénonçant une violation des engagements pris. La prise d’Uvira, considérée comme un verrou stratégique ouvrant l’accès vers le Grand Katanga, a renforcé l’influence de la rébellion dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Sous pression de la communauté internationale, notamment des États-Unis, l’AFC/M23 a annoncé un retrait unilatéral de ses forces d’Uvira. Le gouvernement congolais et les Forces armées de la RDC ont toutefois exprimé leurs doutes quant à l’effectivité de cette annonce. Lors d’une récente réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, Washington a appelé la rébellion à se retirer à au moins 75 kilomètres de la ville.
La détérioration de la situation sécuritaire a provoqué des déplacements massifs de populations vers le Burundi, aggravant la crise humanitaire dans la région.
Dans ce contexte, une réunion ministérielle régionale consacrée à la situation sécuritaire dans l’est de la RDC se tiendra du 8 au 10 janvier à Livingstone, en Zambie, à la demande de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Douze ministres de la Défense et des chefs d’état-major des pays membres sont attendus à cette rencontre, qui sera présidée par le ministre zambien de la Défense, Ambrose Lwiji Lufuma.
V.A.



