Il investit au Maroc pour sauver sa fortune

Afriquinfos Editeur
4 Min de Lecture

Gerardo Díaz Ferrán est un homme d’affaire connu en Espagne, tant par sa gloire que par sa chute. Pendant trois ans il préside la Confédération espagnole des organisations d’affaires, signe de son succès dans ce domaine. En effet, en 1985 il avait fondé Marsans, un grand groupe de voyage dont la renommée s’est accrue au fil du temps. Seulement, en juin 2010, après 25 ans d’activité, le juge déclare le groupe et son fondateur en faillite, suite aux déclarations de Gerardo Díaz Ferrán. Marsans est alors liquidé et l’homme d’affaire déclaré insolvable.

S’ensuit ensuite une longue affaire, et plusieurs procédures judiciaires. Les investigations qui ont suivi la déclaration de faillite de Marsans ont révélé plusieurs irrégularités dans son processus de liquidation. En conséquence, le 3 décembre 2012, Gerardo Díaz Ferrán est arrêté, soupçonné d’avoir occulté une partie de son patrimoine pour ne pas payer ses dettes. Suite à une enquête, il est condamné en juin 2013 pour détournement de fonds et blanchiment : il doit alors verser plus de 400 millions d’euros à une dizaine de milliers de créanciers.

L’affaire semblait close, mais selon les révélations du journal espagnol abc, un nouveau rapport de la police qui a été remis au juge, montre que l’ancien homme d’affaire aurait continué à investir entre 2011 et 2012 malgré son insolvabilité. Afin d’éviter tout soupçon, son nom n’apparait jamais dans les transactions effectuées pendant cette période. Ce sont donc des mails et autres documents écrits qui ont permis à la police de relier Gerardo Díaz Ferrán à des projets touristiques marocains financés par des espagnols et suspendus depuis 2012. C’est le liquidateur de Marsans, Ángel de Cabo qui agissait pour lui.

- Advertisement -

Le principal projet dans lequel Gerardo Díaz Ferrán avait investi est un complexe touristique, situé sur la côte Atlantique du Maroc : le complexe touristique de luxe Urbagolf à 30 km de Safi. Sa participation, initialement négociée à 25% des investissements aurait finalement atteint 75% en 2010. Le projet, qui comprenait un hôtel de 900 chambres, et un terrain de golf, était évalué à 350 millions d’euros (ce chiffre inclus l’ensemble des financements prévus).

Pour l’heure, le montant total de l’investissement de Gerardo Díaz Ferrán dans ce complexe touristique est inconnu, faute de documents le mentionnant. Toutefois, la police a pu établir que 220.000 euros ont été versés par les collaborateurs de l’homme d’affaire espagnol en 2012, pour les premières dépenses liées à ce projet, et notamment le paiement de l’architecte. A chaque fois, l’argent transitait par Hortefur, la chaine hôtelière de Marsans. C’est l’entrepreneur libanais Jamal Satli qui recevait l’argent, afin d’éviter que Ángel de Cabo ne soit visible, ou que les créanciers découvrent ces investissements.

Dans le cadre de ses investissements au Maroc, Gerardo Díaz Ferrán avait reçu trois chèques d’une valeur totale de 300.000 dollars avant d’être emprisonné. Un dernier chèque avait été émis une semaine après son arrestation.

En décembre 2012, suite à l’incarcération de l’homme d’affaire, le projet Urbagolf avait été suspendu. Aucun lien n’avait jusqu’à présent été établi entre ces deux évènements. Au Maroc, on pensait que cet arrêt des travaux été dû à la crise en Espagne. Depuis le projet avait été oublié. Les révélations de la police espagnole le remettent ainsi sur le devant de la scène, redonnant l’espoir qu’il ne soit pas complètement abandonné.

Afriquinfos