Banjul (© 2016 Afriquinfos)-Yahya Jammeh a déployé l’armée dans des endroits stratégiques de Banjul après sa déclaration télévisée contestant les résultats de la présidentielle.
Des militaires lourdement armés de fusils d’assaut étaient déployés samedi dans les rues de Banjul selon des témoins. Ils se sont barricadés derrière des sacs de sable à Denton Bridge, pont qui sépare Banjul de Serrekunda.
«Nous avons impressionné le monde en organisant des élections libres, équitables et crédibles. Je conseille à nos sympathisants de célébrer notre victoire avec discipline et maturité», a pour sa part déclaré Adama Barrow appelant Jammey à respecter la volonté du peuple.
« Je suis le président démocratiquement élu de la République de Gambie ». Face à la presse, Adama Barrow a été très clair et n’a laissé aucun espace à Yahya Jammeh.
Le président élu il y a huit jours s’est exprimé depuis sa maison à Yundum dans la grande banlieue de Banjul. Il a balayé les arguments de Yahya Jammeh qui exigeait samedi soir un nouveau vote.
Yahya Jammeh « n’a pas l’autorité constitutionnelle pour invalider les résultats ni pour convoquer un nouveau scrutin », selon Adama Barrow. « La Commission électorale est la seule autorité compétente pour annoncer le résultat des élections et pour en déclarer le vainqueur », assure le président élu
Réaction de la communauté internationale
La communauté internationale a condamné ce revirement de Yahya Jammeh. Le ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Mankeur Ndiaye, a mis Jammeh en garde contre toute atteinte à la souveraineté du peuple gambien.
L’Union africaine, pour sa part, a annoncé dans un communiqué la convocation de son Conseil de paix et de sécurité. La présidente de la Commission de l’Union africaine a déclaré « nulle et vide » la déclaration de Yahya Jammeh. Nkosazana Dlamini Zuma « l’exhorte fortement à faciliter une transition pacifique et à transférer son pouvoir » à Adama Barrow. Elle rappelle que mardi, l’UA a reconnu l’opposant comme vainqueur, et que le président gambien avait accepté sa défaite.
L’ONU, dans un communiqué conjoint avec la Cédéao se disent « profondément inquiètes. Le verdict des urnes devrait être respecté et la sécurité du président élu, Adama Barrow, assurée », dit le texte.
« C’est inacceptable », a réagi de son côté l’Union européenne. Selon l’UE, toute tentative d’inverser le changement de pouvoir pourrait avoir de « sérieuses conséquences ». « Il est de la plus haute importance que tous les acteurs et institutions politiques rejettent sans équivoque toute violence et respectent la loi », explique Nabila Massrali, porte-parole du service européen pour l’action extérieure. L’UE condamne fermement les propos de Yahya Jammeh et exhorte ce dernier « à respecter pleinement l’Etat de droit et la volonté du peuple gambien » mais aussi à « permettre un transfert pacifique du pouvoir. »
L’administration américaine tape également du poing sur la table. C’est « un abus condamnable et inacceptable de la confiance des Gambiens », dit Mark Toner, porte-parole adjoint du département d’Etat. Washington dénonce même une tentative flagrante de saper les élections et de rester illégalement au pouvoir.
Adama Barrow, le candidat de la Coalition de l’opposition, a remporté la présidentielle avec 46,6% des voix devant Yahya Jammeh qui l’a appelé la semaine dernière pour le féliciter.
Innocente Nice



