Gabon: Mobiles officiels motivant de mettre ‘TikTok et Facebook’ en mode hibernation

La Haute autorité de la communication gabonaise a annoncé ce mardi 17 février "la suspension immédiate" des réseaux sociaux dans le pays.

Afriquinfos Editeur
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Gabon: Mobiles officiels motivant de mettre 'TikTok et Facebook' en mode hibernation
Une carte avec le symbole des Réseaux sociaux (photo, DR).

Libreville (© 2026 Afriquinfos)- La Haute autorité de la communication gabonaise a annoncé ce mardi 17 février « la suspension immédiate » des réseaux sociaux dans le pays. Une décision qui intervient sur fond de contestations sociales qui secouent le Gabon depuis le début de l’année 2026.

Les autorités justifient cette prise de décision par crainte que ‘’dérives’’ sur les réseaux puisse « mettre gravement en péril l’unité nationale, les avancées et les acquis démocratiques« . Pour le moment, aucune nouvelle annonce n’a été faite quant à une potentielle levée de la suspension.

Depuis ce mercredi, les réseaux sociaux sont inaccessibles au Gabon. Dans une allocution diffusée la veille, le porte-parole de la Haute Autorité de la Communication (HAC) du pays a annoncé « la suspension immédiate des réseaux sociaux sur le territoire national gabonais, jusqu’à nouvel ordre« .

Selon l’AFP, l’inaccessibilité était effective ce mercredi matin pour les plateformes Facebook et Tik Tok. La justification avancée par la HAC: « les plateformes numériques et les réseaux sociaux sont abusivement utilisés par certains activistes pour porter atteinte à l’honneur et à la réputation d’institutions, de citoyens gabonais et de personnalités publiques en violation des lois en vigueur au Gabon ».

Par cette interdiction d’accès, les autorités souhaitent éviter « la diffusion de propos diffamatoires et injurieux« , « la propagation de fausses informations », « le cyber-harcèlement » et « la divulgation non autorisée de données personnelles« .

Ceci intervient dans un contexte de tensions politiques dans le pays. Depuis janvier 2026, le président de la République du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema, fait face à un mouvement de protestation social. C’est la première fois que sa politique est remise en question depuis sa prise de pouvoir par un coup d’État en août 2023, qui avait renversé Ali Bongo.

En avril 2025, il a été officiellement élu avec près de 95% des suffrages, après avoir dirigé la transition pendant presque deux ans. Cette vague de contestation sociale a été enclenchée par une grève des enseignants, qui se poursuit par endroits depuis plus d’un mois.

Le 9 février, le président du Gabon s’est rendu dans deux lycées publics de la capitale Libreville, soucieux d’accélérer la reprise des cours face à la grève qui touche le système éducatif depuis plus d’un mois. Ces contestations critiques à l’égard du pouvoir affaiblissent les autorités, qui doivent dans le même temps apporter des réponses quant à la crise économique qui secoue le pays.

Selon la Banque mondiale, le taux de chômage chez les jeunes a atteint 36,3% en 2024 dans le pays, ce qui a fait de l’accès à l’emploi l’une des promesses de campagne de Brice Clotaire Oligui Nguema en 2025.

La HAC a tout de même rappelé son attachement à la liberté d’expression, tout en précisant qu’elle « ne saurait s’exercer en violation flagrante des lois nationales et internationales en vigueur« .

V. A.