Faso: Jafar Dicko, 50 ans, chef du groupe jihadiste ‘Ansarul Islam’, activement recherché par le régime d’IB

Afriquinfos Editeur
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Un homme brandit un drapeau du Burkina Faso pendant une manifestation, le 30 septembre 2022 à Ouagadougou.

Les services de sécurité du Burkina Faso ont publié ce 1er avril 2025 une liste de 32 personnes « recherchées pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste« , comprenant des chefs jihadistes mais aussi des journalistes et des lanceurs d’alerte.

Le pays demeure ensanglanté depuis 2015 par des attaques de groupes armés jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique dans plusieurs régions excentrées. La Transition en cours prorogée jusqu’en 2029 soutient régulièrement avoir « inversé la courbe des attaques terroristes depuis 2022, en contrôlant actuellement plus de 60% » du territoire de ce pays du Sahel central.

Des citoyens burkinabés manifestent en soutien des militaires le 23 janvier 2022 à Ouagadougou.

« Les individus ci-dessous sont activement recherchés pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste« , a écrit le ministère de la Sécurité sur Facebook, publiant un trombinoscope de 32 personnes. « Toute personne ayant des informations sur ces individus est priée de contacter les forces de défense et de sécurité« , a-t-il ajouté, sans préciser d’éventuelle récompense. En tête de liste, figure le chef du groupe jihadiste Ansarul Islam (lié à Al-Qaïda), Jafar Dicko. Âgé de 50 ans, il est devenu la principale figure du jihadisme au Burkina, après la mort en 2017 de son frère et fondateur du groupe, Malam Dicko.

D’autres chefs jihadistes, Dicko Hamadoun alias ‘Poulkotou’, Bolly Oumarou Idrissa alias ‘Oumi’, ou encore Dicko Hamadou Abou font partie de la liste sus-décrite. Pour certains d’entre eux, leurs têtes avaient déjà été mises à prix en 2023 par les autorités burkinabè de Transition pour 175 millions de FCFA (265.000 euros).

Mais cette fois, aux côtés de ces jihadistes « activement recherchés« , figurent également des journalistes comme Abdoulaye Barry ou Newton Ahmed Barry (ancien président de la CENI-Commission électorale-. Les services de sécurité burkinabè les avaient accusés en septembre 2024 de faire partie d’un projet de « déstabilisation du régime« , impliquant également d’anciens militaires et des groupes jihadistes. L’ancien député-maire de Dori, Diallo Ahmed Aziz et le lieutenant-colonel Djassanou Ouoba Roméo (ancien commandant des Forces spéciales radié il y a un an des Forces armées) figurent aussi sur le trombinoscope.

Cinq lanceurs d’alertes ou cyberactivistes, en exil hors du Burkina, très critiques envers la Transition sous IB, sont également visés par l’avis de recherche: Naïm Touré, Ouédraogo Aminata alias Aminata Raschow, Coulibaly Oumar, Maixent Somé et Barry Al Hassane. Leur inclusion sur cette liste donne du grain à moudre à ceux qui dénoncent la répression et l’étouffement croissants des voix critiques par la junte militaire. De nombreux cas d’enlèvements ont été rapportés depuis 2022 dans le pays.

« Désormais, critiquer le MPSR-2 (l’organe dirigeant de la Transition) est un acte terroriste et sera traité comme tel!« , a ainsi commenté Maixent Somé sur X. Le Burkina Faso est dirigé depuis septembre 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré qui a renversé le pouvoir de l’officier Paul Henri Sandaogo Damiba

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