Darfour : Quand Washington gronde le Soudan

Afriquinfos Editeur Vue
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"L'échec du renouvellement des permis de travail du personnel du HCR est particulièrement regrettable, du fait que cela intervient dans un contexte où les conditions sécuritaires et humanitaires au Darfour se détériorent et où plus de 300.000 personnes ont été déplacées de force cette année", a déclaré dans un communiqué la porte-parole du département d'Etat américain Jennifer Psaki.

Mardi à Genève, la porte-parole du HCR Melissa Fleming a déclaré que les permis de travail de 20 des 37 membres du personnel de son organisation au Darfour n'avaient pas été renouvelés, et que le gouvernement soudanais les avait invités à quitter le pays en juillet.

"Cela va affecter la capacité du HCR à poursuivre ses programmes de secours d'une importance critique dans plusieurs secteurs, notamment ceux de la santé, des abris d'urgence et de la distribution d'articles non alimentaires", a déclaré Mme Psaki.

Ce récent renforcement des restrictions sur les agences onusiennes et les ONG soulève de sérieuses inquiétudes sur la volonté du Soudan de respecter le Document de Doha pour la paix au Darfour (DDPD) et sur la viabilité de cet accord de paix, a-t-elle indiqué.

Le gouvernement soudanais devrait permettre au HCR et à tous les acteurs humanitaires un "accès humanitaire sans entrave à toutes les régions du Darfour" pour protéger et aider les victimes du conflit et soutenir la mise en œuvre des accords de paix, a poursuivi Mme Psaki.

Le gouvernement américain a appelé le gouvernement soudanais et les groupes rebelles à entamer sans conditions préalables un processus politique ouvert et efficace pour parvenir à une résolution pacifique du conflit, a-t-elle ajouté.

Jusqu'à présent, les conflits entre les troupes gouvernementales et les groupes armés rebelles au Darfour ont fait 300.000 morts, plus d'un million de personnes déplacées et ont forcé plus de 200.000 personnes à fuir le pays.

En juillet 2011, le gouvernement soudanais et le Mouvement pour la justice et la libération au Darfour ont signé le DDPD à Doha, au Qatar, mais certains des principaux mouvements rebelles du Darfour ont rejeté l'accord de paix, affirmant qu'il était biaisé et qu'il ne répondait pas aux demandes de la population du Darfour.