Gel des avoirs de 22 autres proches de Laurent Gbagbo

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"Mardi, 22 proches de Gbagbo ont été épinglés par le procureur qui a demandé à leurs banques et établissements financiers d'empêcher tout mouvement sur leurs comptes", a-t-on appris mercredi de source proche du Tribunal d'Abidjan.

Selon la source, ces personnes ont été sanctionnées pour avoir collaboré avec le régime de Laurent Gbagbo jusqu'à sa chute le 11 avril.

Il s'agit de directeurs de sociétés publiques, d'anciens ministres, d'anciens ambassadeurs, d'avocats, de journalistes et d'un officier supérieur de l'armée.

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"Ils étaient en connivence avec l'ancien régime soit en fournissant du renseignement, soit en faisant de l'intoxication auprès de l'opinion publique, soit encore en fournissant gîte et couvert aux miliciens", a indiqué la source.

Cette liste vient après trois précédentes listes et porte à 263 le nombre de partisans de Laurent Gbagbo qui n'ont plus le droit d'accéder à leurs comptes bancaires.

La première liste rendue publique comprenait 59 personnalités accusées d'avoir, pour les unes, participé au gouvernement " illégal" de Laurent Gbagbo et, pour les autres, d'avoir participé à la validation de faux résultats de la présidentielle de novembre dernier donnant le président sortant réélu.

Une seconde liste de 85 personnes inculpées de différents chefs d'accusation allant de l'obstruction au processus de paix et de réconciliation au refus de se placer sous l'autorité du président démocratiquement élu, Alassane Ouattara, en passant par l'incitation à la haine et à la violence a été par la suite publiée.

A ces deux listes, est venue s'ajouter une troisième de 97 personnes dont les avoirs ont été aussi bloqués sur ordre du procureur de la République, Simplice Koffi Kouadio.

La justice ivoirienne a ouvert des enquêtes préliminaires contre Laurent Gbagbo en résidence surveillée comme plusieurs de ses proches dont 15 ont été inculpés pour une vingtaine de chefs d'accusation portant, notamment, sur des crimes économiques et des crimes contre l'humanité.

Arrivée lundi à Abidjan, une délégation de la Cour pénale internationale (CPI) conduite par la procureure adjointe Fatou Bensouda a signé mardi avec le gouvernement ivoirien un accord de coopération judiciaire permettant à la CPI d'enquêter sur les crimes en Côte d'Ivoire.

Au total 3.000 personnes ont été tuées dans les affrontements post-éléctoraux de cinq mois et la guerre de deux semaines dans la capitale économique Abidjan suite au refus du président sortant Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire de son rival Alassane Ouattara.

Laurent Gbagbo a été défait militairement le 11 avril par les forces alliées à son rival appuyées par les soldats français de la Force Licorne et les Casques bleus de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI).