Côte d’Ivoire : Actions synergiques pour une autosuffisance en sang dans les hôpitaux

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Les autorités ivoiriennes multiplient les appels envers les populations, exhortant celles-ci à contribuer à l'autosuffisance en sang dans les structures médicales du pays.

Pour les responsables du ministère ivoirien en charge de la Santé, il importe de mener une action de masse afin que la pénurie de sang en Côte d'Ivoire devienne un lointain souvenir.

"Des pas ont été franchis notamment avec la mise en place des clubs de donneurs de sang, mais il reste encore des efforts à faire", a énoncé la ministre de la Santé Raymonde Goudou Coffie lors d'un message du gouvernement délivré samedi, estimant que la Côte d'Ivoire doit gagner la bataille de la disponibilité du sang.

"Selon les normes, pour être autosuffisant la Côte d'ivoire a besoin de collecter 200 000 dons de sang par an. Mais en 2013, nous avons collecté 133.000 dons, d'où une insuffisance", a expliqué la ministre.

Celle-ci a ainsi lancé un appel à la solidarité nationale, souhaitant que le don de sang soit le ciment de l'unité du pays.

     CONSÉQUENCES DRAMATIQUES DES PÉNURIES

La pénurie de sang a engendré des conséquences parfois dramatiques dans les hôpitaux ivoiriens où des malades ou des victimes d'accidents en attente d'une transfusion sanguine urgente mouraient.

Les exemples sont légion dans les localités de Yamoussoukro ( centre), Daloa (centre-ouest) et San Pedro (sud-ouest) où des parents partis à la recherche de poches de sang dans d'autres régions sont revenus constater le décès de leurs malades après plusieurs heures voire des jours d'attente.

C'est pour pallier cette situation que le gouvernement a décidé renforcer les capacités du CNTS et de décentraliser cette structure en créant plusieurs centres dans le pays afin de rapprocher les centres des hôpitaux.

Le Centre national de transfusion sanguine fonctionne comme une "banque de sang", assurant le prélèvement et la gestion du sang au profit des malades des hôpitaux et des accidentés.

Par ailleurs, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque jour, près de 800 femmes meurent de complications de la grossesse ou de l'accouchement,liées en majorité à une pénurie de sang.

    

    

    RELEVER LE DEFI DE LA DISPONIBILITE

Lors d'une récente rencontre des acteurs de la santé, le directeur du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), Seidou Konaté, s'est félicité de l'action synergique du centre et de certains partenaires, qui a permis d'obtenir un produit sanguin sécurisé sur tout le territoire.

"Le défi à relever désormais est celui de la couverture de tous les besoins du pays en matière de sang", a relevé le docteur Konaté.

Pour celui-ci, il s'agit ainsi d'assurer une couverture de l'ensemble du territoire en ce qui concerne les produits sanguins notamment leur disponibilité.

     Dans cette optique, le ministère de la Santé a exprimé l'engagement de la Côte d'Ivoire à renforcer son système de transfusion sanguine à travers l'ouverture de nouvelles antennes de transfusion sanguine dans plusieurs régions du pays dont Séguéla (nord), Odienné (nord-ouest) Daoukro (centre), Man (ouest), Guiglo (ouest) et Adzopé (sud).

     Pour mener à bien la mission de cette structure, les autorités sanitaires du pays comptent également sur le foisonnement des donneurs.

     Elles comptent sur la bonne volonté des citoyens et exhortent ceux-ci à donner davantage de sang, "un précieux liquide qui sauve les vies humaines".

     Comme résultat de la sensibilisation, des clubs de donneurs de sang sont aujourd'hui présents dans de nombreuses écoles, des lieux de culte et dans certaines entreprises.

     "En tant qu'être humain donc potentiel demandeur de sang et de produit sanguin, nous devrons tous, si notre état de santé le permet participer à cet acte d'humanisme doublé d'un altruisme sans borne qu'est le don de sang" a estimé un expert.

     L'OMS a ainsi encouragé tous les pays à garantir un accès rapide à du sang et à des produits sanguins sécurisés pour prévenir les décès maternels.