Clash Egypte vs Chine : Une réplique du Sphinx fait scandale

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En avril dernier, la Chine a achevé la construction d’une réplique du fameux Sphinx de Gizeh. Située dans un parc de la province de Hebei, à proximité de Pékin, cette reproduction s’est vite retrouvée au cœur d’une polémique. En effet, Mohammed Ibrahim, le ministre égyptien des antiquités a déposé une plainte auprès de l’UNESCO déclarant que cette sculpture viole la Convention de l’UNESCO de 1972 et constitue «une violation des droits de l’Égypte à son patrimoine culturel et une mauvaise imitation défigurant l’original».

Ce Sphinx, long de 80 mètres et haut de 30 mètres constitue presque une copie en taille réelle de l’original qui mesure 73 mètres de long et 21 de haut. Toutefois, il a été élaboré à partir d’autres matériaux : la pierre calcaire a été remplacée par l’acier et le béton armé. Si on oublie cette différence, il est à noter que le souci du détail a été poussé à l’extrême : la réplique aussi a le nez brisé et présente les mêmes dommages du temps que l’original. Pour rappel, le Sphinx de Gizeh est le gardien des pyramides. Erigé par les égyptiens il y a 5.000 ans, il se situe au Caire, sur la rive ouest du Nil. Le Sphinx présente un corps de lion couché et une tête de pharaon.

Les autorités chinoises ont très vite réagi à la plainte de l’Egypte, affirmant que la réplique a été construite par une entreprise privée. Celle-ci a assuré sa défense, expliquant que le Sphinx a été construit pour un tournage cinématographique et qu’il sera démoli dès son achèvement. La société a déclaré qu’elle a «un profond respect pour l’héritage culturel mondial et [qu’elle présente ses] excuses au cas où il y aurait eu un malentendu ». Elle a pris soin de précisé qu’elle n’a «pas utilisé ce site à des fins commerciales et ne [facture] pas de frais pour les visiteurs, et [elle] ne [veut] pas en faire une attraction touristique».

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Il n’empêche que le nombre de touristes venus admirer le Sphinx a fortement augmenté avec l’annonce de sa destruction. De nombreuses voix se sont élevées contre cette décision. C’est l’indignation qui prédomine, sachant qu’environ un million d’euros ont été investis dans cette construction. Les visiteurs ne manquent pas d’imagination pour éviter d’avoir à détruire la statue. Certains proposent de lui remettre un nez, lui ajouter une barbe ou encore de le doter d’une queue. Des propositions qui pourraient bien séduire le parc qui prévoit la construction de plateaux de cinéma à l’image de certains sites culturels chinois pour un montant de 5 milliards de yuan (802 millions de dollars).

La Chine qui est connue pour ses imitations se place ainsi au cœur d’une polémique. Nombreux sont ceux qui se lamentent du manque d’imagination des designers chinois. A titre d’exemple, la ville de Hangzou, à l’est du pays présente une réplique de la Tour Eiffel, d’une fontaine du parc de Versailles et d’un village français. De même, dans le sud du pays, des toilettes publiques reproduisent le Capitole de Washington. Concernant le sphinx, s’il en est à sa première imitation en Chine, ce n’est pas le cas à l’international : à Los Angeles, un édifice de 30 étages en a repris la forme, prenant soint d’y apporter quelques modifications…

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