Choc : La Norvège met des africains dans les zoos

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Les zoos humains ont été nombreux au cours de l’époque coloniale, principalement de la deuxième moitié du XIXème siècle à la Première Guerre Mondiale. Souvent nommés Exposition Coloniale, ils présentaient des reproductions de villages africains, dans lesquelles étaient exposés des africains. Ces expositions étaient aussi le cadre de rendez-vous scientifiques, d’études sur l’indigène en général et l’occasion pour chaque empire de montrer sa grandeur coloniale. Véritables rendez-vous populaires, elles accueillaient des milliers de visiteurs et suscitaient un très fort engouement populaire. Ce n’est qu’a posteriori que ces évènements ont commencé à choquer l’opinion publique et à incarner un racisme supposé révolu, celui de l’époque coloniale.

Les expositions coloniales les plus connues sont sans doute celles de Paris, qui ont atteint une grandeur et un nombre de visiteurs inégalés. Toutefois, ce phénomène a touché toute l’Europe. Ainsi, à Oslo, en 1914, le « Village Congo » s’installait. 80 africains, hommes, femmes et enfants y furent exposés pendant cinq mois. La majorité, contrairement à ce que pourrait laisser le nom du village, étaient originaires du Sénégal. Plusieurs moururent au cours de l’exposition, conséquence de leurs conditions de vie mais aussi du changement d’environnement qu’ils subissaient. L’exposition connu un véritable succès, accueillant 1,4 millions de visiteurs soit les trois quarts de la population du pays. De telles proportions n’ont jamais été atteintes en d’autres occasions, preuve de l’importance des zoos humains à l’époque.

Aujourd’hui, 100 ans après cet évènement, deux artistes, le norvégien Mohamed Ali Fadlabi et le suisse Lars Cuzner, ont recréé le « Village Congo ». Une exposition qui a couté un million de couronnes norvégiennes, soit 123.000 euros. Les artistes expliquent que, contrairement au zoo humain de 1914, les personnes ici exposées sont volontaires. Il n’empêche que leur création est à l’origine d’une forte polémique en Norvège. Les artistes se sont défendus, expliquant que, étant donné que le racisme est parti intégrante du passé norvégien, il fait aussi parti de son présent. L’exposition a été appuyée par le gouvernement, ce qui augmente l’indignation des norvégiens. Pour beaucoup, il s’agit d’un travail raciste et déshumanisant. Certains se demandent pourquoi les autorités ont choisi d’investir dans un tel projet, au lieu d’œuvrer pour la reconnaissance de l’existence du racisme et une acceptation du passé. Au lieu d’aider à un travail de mémoire difficile, cette exposition remet au gout du jour la domination économique, sociale et culturelle des blancs sur les noirs. Pour beaucoup, ce travail ne peut pas se réaliser de façon digne et humaine, vestige d’un passé encore douloureux. L’ambassade belge à Olso a ainsi demandé que son drapeau soit retiré du « Village Congo ».

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