Centrafrique: Anicet Dologuélé priorise la prochaine présidentielle au détriment de sa double nationalité

Afriquinfos Editeur
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L'opposant Anicet Dologuélé (DR-Notre Afrik)

Bangui (© 2025 Afriquinfos)- À l’approche de l’élection présidentielle de décembre, l’opposant centrafricain Anicet-Georges Dologuélé  a annoncé ce lundi 1er septembre renoncer à sa double nationalité pour pouvoir se présenter se présenter à l’élection présidentielle du 28 décembre.

Cette décision, prise « avec beaucoup de peine« , marque un tournant dans la vie politique de l’opposant qui se dit « fier » d’avoir porté la nationalité française. « Il ne fait l’ombre d’aucun doute que mon ambition est de diriger mon pays« , a déclaré à l’AFP celui qui se présente comme « chef de file de l’opposition » mais n’a pas officiellement annoncé sa candidature.

Selon la Constitution de 2023, adoptée par référendum sous l’impulsion du président, les candidats binationaux ou multinationaux sont exclus des élections présidentielles. Cette réforme constitutionnelle a également autorisé le président, Faustin Archange Touadéra, à briguer un troisième mandat. L’opposition centrafricaine réunie au sein du Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC) avait boycotté ce référendum.     

Ce ne serait pas la première tentative d’Anicet-Georges Dologuélé, 68 ans, de battre le président actuel. Déjà candidat en 2015-2016, à l’issue de la troisième guerre civile centrafricaine, Anicet Georges Dologuélé avait été prédit gagnant, mais il avait perdu une première fois face à Faustin Archange Touadéra.

Aux élections de fin 2020, il était arrivé deuxième avec 21,69% des voix. Le président avait alors été réélu, mais seulement avec la participation d’un électeur sur trois, essentiellement en raison de l’insécurité dans le pays. Anicet Georges Dologuélé avait refusé de reconnaître la victoire de son rival.

Pour ce scrutin, Anicet-Georges Dologuélé appelle la classe politique à se concentrer sur « les vrais problèmes, c’est-à-dire l’impossibilité d’organiser ces élections à bonne date, l’incompétence de l’Autorité nationale des élections (ANE) et sa partialité revendiquée. »

2,3 millions d’électeurs, dont 749.000 nouveaux enrôlés, sont attendus aux urnes pour un quadruple scrutin (présidentiel, législatif, régional et municipal), selon les chiffres de l’ANE. Les élections locales ont été plusieurs fois reportées depuis un an, faute de financement et d’une liste électorale en bonne et due forme.

« Si les conditions de l’élection ne sont pas réunies, je n’irai pas aux élections« , a assuré Anicet-Georges Dologuélé. Il n’a pas exclu de rejoindre les appels au boycott exprimés au sein de la plateforme d’opposition centrafricaine. En juillet, le Mouvement coeurs unis, le parti au pouvoir, a officiellement investi le président sortant comme candidat à l’élection.

Anicet-Georges Dologuélé, ancien Premier ministre centrafricain, est né en 1957 à Bozoum, dans le nord-ouest du pays. Après des études en France, Anicet Georges Dologuélé a intégré la Banque des États d’Afrique Centrale, dont il devient le délégué auprès de la France et de l’Union européenne en 1991. Fort de cette expérience, il est nommé ministre des Finances et du Budget en 1997, sous le régime du Président Ange Félix Patassé, puis Premier ministre de 1999 à 2001.

Anicet Georges Dologuélé devient ensuite Président de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), et quitte ses fonctions en 2010 pour fonder un cabinet de consultants à Paris.

En amont de l’élection de 2020, Hans de Marie Heungoup, spécialiste de l’Afrique centrale à l’International crisis group (ICG), analysait auprès de l’AFP : « Dologuélé cumule plusieurs atouts. De tous les candidats a la présidentielle, il est de ceux qui mobilisent le moins les références ethniques« .

« Il dirige également un parti, URCA, bien articulé et un programme politique clair », expliquait-t-il. « Surtout, il fait partie des rares candidats ayant une surface financière suffisante pour mener à bien la campagne électorale ». Ces atouts pourraient également jouer en sa faveur lors du prochain scrutin. « Une partie de la population le perçoit comme un technocrate et un milliardaire distant de la population« , soulignait toutefois Hans de Marie.

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