Cameroun : Le Musée national en réhabilitation accueille une oeuvre historique majeure congolaise

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D'abord exposé à Rome en Italie et à New York aux Etats-Unis à la "Grand Gallery" depuis sa création en 2006, le polyptyque "Hommage aux traditions : l'unité dans la diversité", d'une valeur estimée à plus de 200.000 dollars américains, a été officiellement reçu sous forme de donation lors d'une cérémonie présidée par le Premier ministre Philemon Yang.

"Le Cameroun se sent honoré par cet acte en faveur du développement et de la valorisation de l'identité culturelle", a déclaré le chef du gouvernement camerounais, en présence des promoteurs de l'œuvre, Idanna Pucci, petite-nièce et héritière de Savorgnan de Brazza, et son mari le Pr. Terence Ward, ainsi que de Belinda Ayessa, directeur général du Mémorial dédié à cette figure historique à Brazzaville.

A l'initiative effectivement de ces deux amateurs d'art, le polyptyque "Hommage aux traditions : l'unité dans la diversité" est une œuvre de couleurs relevée qui, sous le pinceau d'une dizaine de peintres congolais issus de l'Ecole de peinture de Poto-Poto, dans un quartier de la capitale congolaise, raconte les traditions des peuples bantous d'Afrique centrale et l'expérience africaine de Brazza.

Symbole des valeurs de rassemblement, d'unité, de communion et d'humanité chères à l'explorateur franco-italien qui donna son nom à la capitale congolaise, cette fresque ressuscite le mythique roi Makoko Eloo 1er, qui trôna sur le peuple Téké du Congo et signa avec Savorgnan de Brazza le 1er septembre 1880 le traité de Mbé ayant mis son royaume sous la protection de la France.

Au milieu de masques et de statues, d'autres figures y sont célébrées, comme le résistant sénégalais Malamine Kamaro ou bien le Français Pierre Lods, fondateur de l'Ecole de peinture de Poto-Poto.

Pour la ministre camerounaise de la Culture, Ama Tutu Muna, le don reçu permet au Musée national de témoigner de son ambition de se positionner comme une plate-forme de préservation et de valorisation du patrimoine culturel en Afrique centrale.

"Le Musée national, a-t-elle laissé entendre, pourra bénéficier de retombées financières issus de la mise en location de ce polyptyque auprès d'autres institutions."

Jacques Iloki, une des signatures de l'œuvre et auteur du tableau célébrant la mémoire de Malamine Kamaro, s'est réjoui à Xinhua de cette mise en vitrine au Cameroun, pays voisin du Congo. "Ce que nous avons construit sous notre voûte, s'est retrouvé à Rome, à New York et en Europe. Nous sommes aujourd'hui fiers de voir cette œuvre non loin de chez nous. Parce qu'en un rien de temps on viendra toujours rendre visite à cette œuvre. S'il faut toujours restaurer, ça nous fait de la joie d'être à côté", a-t-il conclu.