Burundi: A quand le retour de la paix?

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Alors que les ambassadeurs des pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU devaient rencontrer ce vendredi le président burundais Pierre Nkurunziza pour tenter de le convaincre d'accepter le déploiement d'une force de paix africaine, Bujumbura a été une nouvelle fois la proie des violences jeudi. Plusieurs explosions ont été également entendues dans les quartiers de Bwiza et Musaga dans le nord de la capitale, selon des habitants.

Le pays est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé son intention de briguer un autre mandat, violant ainsi les accords de paix qui ont mis fin à 10 ans de guerre civile. Des opposants ont quant à eux créé un mouvement rebelle, FOREBU, Forces Républicaines du Burundi. Ils ont choisi le présumé auteur de la tentative de coup d'état du 13 mai 2015, le Général Godefroy Niyombare, comme chef de leur mouvement. Dans l'ensemble du pays, les violences ont déjà fait plus de 400 morts et contraint à l'exil plus de 200.000 personnes, selon l'ONU.

Les Nations Unies ont en outre dénoncé la semaine dernière, l'existence de massacres ethniques, de charniers avec une centaine de cadavres et de viols collectifs commis par des forces de sécurité.

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L’UA tient à envoyer des troupes au Burundi malgré les ripostes de Nkurunziza

Depuis Addis-Abeba, la présidente de la Commission de l'Union africaine (UA) Nkosazana Dlamini-Zuma a émis «l'ardent espoir que la visite du Conseil de sécurité contribue à la réalisation des deux objectifs fondamentaux et complémentaires que sont le déploiement rapide de la Maprobu et la relance sans délai du dialogue inter-burundais», sous l'égide du président ougandais Yoweri Museveni.

Deux anciens présidents burundais, Domitien Ndayizeye et Jean-Baptiste Bagaza ont également plaidé pour l'envoi d'une force de l'union africaine et une intervention de l'ONU afin de stabiliser le pays. Le Conseil doit «s’impliquer pleinement sinon nous risquons un autre Rwanda», a mis en garde Jean-Baptiste Bagaza (1976-1987). «Arrêtez cette hémorragie au Burundi qui est en train de faire disparaître notre jeunesse», a-t-il ajouté. La date limite pour que le Burundi accepte le déploiement de la Maprobu est déjà passée, mais l'UA n'a pris aucune mesure.

V. Akpene