Burkina Faso : L’opposition condamne l’usage disproportionné de la force contre les étudiants

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Déplorant cet acte de la part du gouvernement qui avait promis de prolonger la date de fermeture des cités, le communiqué dit ne pas comprendre que les autorités universitaires aient subitement décidé d'expulser "manu militari et en plein hivernage, nos enfants des cités universitaires de Ouagadougou".

"Des unités de police et de gendarmerie ont fait usage de matraques et de gaz lacrymogènes et pourchassé les étudiants surpris par un ordre informel de libérer leurs chambres dans les 48 heures, certains même dans les 15 mn qui suivent, sans raison valable", mentionne le communiqué.

Selon l'opposition, la réaction de ces jeunes dont bon nombre ont leurs parents en provinces et à l'étranger, a été de retenir certains responsables d'université, de bloquer des véhicules et des motos à la cité de Kossodo notamment, et d'exiger à travers leurs responsables, des négociations afin de reculer leur date de départ des cités et permettre, entre autres, à ceux qui préparent des concours de pouvoir le faire dans la sérénité.

Tout en désapprouvant la destruction des biens publics et privés qui a eu lieu lors de ces évènements, l'opposition burkinabé pense que ce drame aurait pu être évité si le gouvernement appliquait des solutions somme toutes simples et raisonnables.

Il s'agit d'ouvrir pour les étudiants qui le désirent et qui sont dans la nécessité, une "Cité vacances", comme cela se faisait auparavant ici et dans beaucoup de pays, d'éviter d'envoyer des forces de l'ordre munis de gourdins et de grenades lacrymogènes là où la parole était sollicitée et où la patience doit prédominer.

Il s'agit aussi d'employer les ressources du pays pour résoudre les vrais problèmes des Burkinabé, au lieu d'utiliser des sommes faramineuses pour mettre en place à marche forcée, un sénat inutile, alors qu'il y a des priorités plus évidentes et plus criardes.

Face à cette situation, l'opposition exige du gouvernement qu'il situe les responsabilités à tous les échelons de la chaine de commandement : ministre des Enseignements secondaire et supérieur, ministre chargé de la sécurité, ministre de la Justice, présidents des universités Ouaga I et II, le Directeur général du Centre national des œuvres universitaires (CENOU).

Elle exige par ailleurs la libération des étudiants détenus, la restitution des objets confisqués et l'ouverture d'une concertation avec les responsables des étudiants pour résoudre pacifiquement leurs problèmes qui sont bien réels.

Mettant en garde le gouvernement contre ses initiatives qui contribuent à dégrader le climat social et à mettre en danger la paix, les partis politiques de l'opposition préviennent le pouvoir en place qu'on ne saurait répondre aux revendications des Burkinabé par la violence et la répression "aveugle".

Dans cette optique, l'opposition en appelle à la générosité et à la solidarité agissante de toutes les bonnes volontés pour apporter leurs soutiens et soulager la misère des étudiants dans cette situation pénible et humiliante.

Pour l'opposition politique, l'attitude du gouvernement, les déclarations faites par les différents responsables de notre pays et l'usage disproportionné des forces révèlent une certaine fébrilité du Pouvoir de la 4e République.