Burkina Faso: Quatre producteurs de coton tués dans la province des Balés

Afriquinfos Editeur
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Selon le maire de la commune rurale de Yaho (un village situé dans la province des Balés, à environ 200 kilomètres de Bobo- Dioulasso), Zounkaté Tuina, les paysans tués font partie des frondeurs, qui ont saccagé des champs de coton dans la zone. Ils ont été abattus dans la semaine du 18 au 24 juillet 2011, par des producteurs de coton qui ont décidé de protéger leurs champs.

Les manifestations des producteurs ont également fait 2 blessés graves, de l'avis de M. Tuina. Le mercredi 20 juillet 2011, environ un millier de producteurs coton, en provenance de plusieurs localités des Balés, ont par ailleurs abandonné leurs champs, et sont descendus sur Boromo, la capitale de la province des Balés, armés de coupe-coupe et de bâtons.

L'objectif de ces paysans était la libération de leurs camarades, détenus par la police depuis le 19 juillet. Ces arrestations sont liées à la destruction de plusieurs champs de coton, par un groupe de producteurs mécontents. «Ceux qui ont décidé de ne pas produire du coton reprochent aux autres de l’avoir cultivé, en violation de leur accord consensuel», explique un des manifestants, Drissa Gnissi. Il poursuit en disant que les paysans qui n'ont pas produit du coton disent être l'objet de moquerie de la part de ceux qui en ont produit, d'où leur extrême colère.

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Les marcheurs exigent également des ristournes qu'ils n’auraient pas reçu de la Société burkinabè de fibres et textiles ( SOFITEX), contrairement à certains qui ont été payés. Ils se disent ainsi avoir été trahis et lésés. Leur seul recours était selon eux, de détruire les champs des traitres.

 Drissa Gnissi ajoute que leur comportement vise à interpeller les autorités compétentes sur le coût du coton, qu'ils estiment bas et le prix des intrants qu'ils trouvent exorbitants. Face à la situation, les autorités ont fait appel aux forces de sécurité pour dissuader les manifestants.

Ceux-ci ont barricadé la route nationale n°1, à l'aide de troncs d'arbres, entravant ainsi la circulation sur cette voie et obligeant les conducteurs à de longs détours. Sommés par la police de dégager la voie, les producteurs ont refusé d'obtempérer.

La situation ayant dégénéré, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Il s'en est suivi une course-poursuite entre producteurs et policiers. Les personnes arrêtées, au nombre de 15, ont été transférées à Bobo-Dioulasso le jeudi 21 juillet.