Cotonou (© 2025 Afriquinfos)- L’exécutif béninois n’a pas tardé à réagir à l’inquiétude de l’opposition selon laquelle Romuald Wadagni, actuel ministre des Finances et de la Coopération, et candidat de la majorité présidentielle à l’élection d’avril 2026, doit immédiatement quitter ses fonctions ministérielles, afin d’éviter tout conflit d’intérêts lié à la délivrance des quitus fiscaux.
« Le temps viendra pour le ministre d’Etat, de se mettre en congé du gouvernement », a répondu vendredi dernier, le porte-parole du gouvernement. Wilfried Léandre Houngbédji a assuré que le ministre candidat se retirera du gouvernement au moment opportun, s’exprimant devant la presse à Cotonou,
« Ce n’est pas l’opposition qui nous apprendra à bien faire les choses. Nous avons démontré largement depuis un peu plus de 9 ans maintenant, que nous savons fait les choses, avec élégance, avec rigueur » a renchéri M. Houngbédji.
Il rappelle qu’actuellement, le gouvernement est en train de finaliser le projet de budget général de l’Etat exercice 2026.
« Nous sommes à la veille d’une session parlementaire consacrée au budget. Les équipes du Ministère des finances sont mobilisées pour finaliser le document qui devra ensuite être défendu devant la représentation nationale » a déclaré le porte-parole du gouvernement. En d’autres termes, le ministre Wadagni à d’autres chats à fouetter en ce moment.
Il a précisé que le ministre des Finances restera en fonction « au moins jusqu’à l’adoption du budget ».
La session budgétaire s’ouvre en octobre et s’étend sur plusieurs semaines, le temps nécessaire à l’examen et au vote de la loi de finances. Une voix influente de la majorité explique que la responsabilité, c’est à la fois le respect des procédures démocratiques et la continuité de l’action publique.
L’annonce de la candidature de Romuald Wadagni à la présidentielle d’avril 2026 suscite une vive réaction au sein de l’opposition béninoise.
Le parti Les Démocrates de l’ancien Président Thomas Boni Yayi demande à M. Wadagni de quitter immédiatement ses fonctions ministérielles, afin d’éviter tout conflit d’intérêts lié à la délivrance des quitus fiscaux, document indispensable pour valider une candidature.
Les Démocrates dénoncent une manœuvre du pouvoir destinée à les écarter de la présidentielle d’avril 2026.
« La position du porte-parole du gouvernement ne nous surprend nullement. En dix années de gouvernance, ils nous ont démontré leur expertise dans la violation des lois et des principes fondamentaux. Ceci étant dit, nous maintenons notre position et continuons d’exiger sa démission immédiate », a rebondi l’opposition.
Vignikpo Akpéné



