Bénin: L’opposition dénonce un nouveau Parlement monocolore et est amère…

Afriquinfos Editeur
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Guy Mitokpé (DR)

Bénin: L’opposition dénonce un nouveau Parlement monocolore et est amère…

Cotonou (© 2026 Afriquinfos)- Le verdict des élections législatives du 11 janvier 2026 au Bénin ont débouché sur une Assemblée nationale sans représentation de l’opposition. Selon les résultats publiés par la Commission électorale nationale autonome, l’ensemble des 109 sièges revient aux deux partis de la mouvance présidentielle. Ainsi, pour la deuxième fois sous la présidence de Patrice Talon, l’opposition se retrouve totalement exclue de l’hémicycle, mais celle-ci conteste les faits.

Guy Mitokpè, secrétaire à la communication des Démocrates conteste l’absence de son parti à l’hémicycle pour la prochaine législature et dénonce toujours le code électoral et son seuil de 20% obligatoire dans les circonscriptions électorales. Il réitère sa critique : « C’était un code électoral exclusif, dangereux. Je continue de dire que cela n’honore pas notre pays. » Au-delà de ses critiques du dispositif législatif, il accuse le pouvoir d’avoir cherché à affaiblir sa formation politique : « Ce n’est pas chercher un bouc émissaire que de dire que le parti Les Démocrates a été complètement fragilisé, avec toutes ces pressions, ce harcèlement. Nous avons montré quand même que nous avons pu franchir la barre des 10%. »

En course sans alliance, la principale formation de l’opposition n’a pas franchi la barre fatidique des 20 % dans toutes les 24 circonscriptions électorales donnant droit à l’attribution des sièges.

Un scrutin contesté

Les Démocrates sont autour de 17 %. Les 450 000 voix recueillies au plan national ne lui donnent aucune représentation parlementaire. Le parti se retrouve dans la même situation qu’en 2019, sans élu au sein de l’hémicycle, année où il n’avait pas été autorisé à prendre part au scrutin, ce qui avait valu à l’Assemblée de l’époque l’étiquette de parlement monocolore.

Les Démocrates devront exercer leur opposition sans aucun élu. Privés de députés pour sept ans, absents des élections communales, ils ne pourront également pas participer à la présidentielle du 12 avril prochain. La Commission électorale nationale autonome (Cena) ayant déclaré leur dossier de candidature irrecevable.

Les 109 fauteuils se répartissent entre les deux poids lourds du camp présidentiel : 60 sièges pour l’Union progressiste, le renouveau (UP-R) contre 49 pour le Bloc républicain (BR).  Face aux accusations de Parlement monocolore Parfait Ahoyo, porte-parole de l’UPR, défend la légitimité du scrutin : « Ces élections ne sont ni un recul démocratique, ni une exclusion politique. Elles sont l’expression claire d’un choix populaire. En démocratie, le peuple décide et les responsables politiques respectent. »

Un scrutin contesté

Face à la presse le 13 janvier, le parti d’opposition a dressé un tableau qu’il qualifie d’alarmant du déroulement du vote sur l’ensemble du territoire national.

Dans une déclaration lue par le Dr Nadin Kokodé, premier directeur national adjoint de campagne, Les Démocrates estiment que des dysfonctionnements répétés ont visé à entraver la participation effective de leurs représentants, notamment en les privant de l’accès aux feuilles de dépouillement et aux procès-verbaux.

Selon le parti, de nombreux bureaux de vote ont ouvert avec plusieurs heures de retard dans des villes comme Cotonou, Abomey-Calavi ou Porto-Novo. Dans plusieurs localités, l’absence de matériel électoral sensible aurait prolongé les opérations jusque tard dans la nuit.

Le parti évoque également l’utilisation de matériel non conforme, notamment des urnes non scellées, l’absence d’encre indélébile ou, dans certains postes, l’absence même d’urnes pour les législatives pendant de longues heures, comme à Tchaourou et Tchatchou.

Les Démocrates affirment par ailleurs que des documents essentiels au dépouillement, tels que les carnets de procès-verbaux et les feuilles de compilation, ont fait défaut dans de nombreux bureaux de vote et au niveau des coordinations d’arrondissement.

La participation électorale atteindrait 36,7 %, un taux proche du précédent scrutin. Après les tendances de la Cena, il revient à la Cour constitutionnelle de proclamer les résultats définitifs. Les chiffres des communales tenues le même jour sont en cours de traitement. Ils ne sont pas encore prêts.

V.A.