Angola : un autre pour succéder à José Eduardo dos Santos

Afriquinfos 6 Vues
4 Min de Lecture

Luanda (© 2016 Afriquinfos)- Ce samedi 10 décembre, le président angolais José Eduardo dos Santos devrait confirmer la fin de son règne controversé de trente-sept ans et introniser son très probable successeur.

Le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA) a respecté son éternelle tradition d’opacité jusqu’au bout.

L’annonce, le 2 décembre, de la retraite du chef de l’État fait la « Une » des médias angolais depuis, mais le parti au pouvoir depuis 1975 en Angola est resté muet, fidèle à son calendrier.

Le MPLA officialisera donc samedi, à l’occasion du 60e anniversaire de sa création, que M. dos Santos, 74 ans, ne briguera pas de nouveau mandat lors des élections générales de 2017 et qu’il va céder sa place à la tête du parti à son actuel ministre de la Défense, Joao Lourenço, 62 ans.

La Constitution angolaise ne prévoit pas de scrutin présidentiel mais précise que le poste de chef de l’État revient au chef du parti qui remporte les législatives.

Selon toute vraisemblance, le général à la retraite Lourenço devrait donc succéder à M. dos Santos, un des plus anciens dirigeants africains en exercice, après les élections d’août prochain.

La « fuite », issue de la réunion à huis clos du comité central du MPLA la semaine dernière, n’a pas surpris outre mesure. M. dos Santos avait lui-même annoncé en mars son intention de mettre fin à sa carrière politique.

« Le président prévoyait de se retirer en 2018 », rappelle Alex Vines, du centre d’études britannique Chatham House, interrogé par l’AFP. « Je pense que la combinaison de la situation économique de l’Angola et ses problèmes de santé ont accéléré ses plans ».

Après les années fastes du boom pétrolier, l’Angola, l’un des pays les plus pauvres du monde, subit de plein fouet depuis deux ans les effets de la chute prolongée des cours de l’or noir.

Comme un symbole de ces difficultés, la compagnie pétrolière nationale Sonangol a annoncé la semaine dernière qu’elle ne verserait pas cette année de dividendes à l’État. Une première pour la société principale pourvoyeuse de devises du pays, dirigée par la propre fille du chef de l’État, Isabel dos Santos.

Aucun changement

S’il ouvre, forcément, une nouvelle page de l’histoire de l’Angola, le départ de l’ancien guérillero marxiste ne devrait pas « révolutionner » la gestion du pays, au grand dam de ceux qui dénoncent depuis des décennies la « dictature » dos Santos.

« Rien ne changera avec des gens qui, lorsqu’ils pouvaient le faire, n’ont pas osé, par peur ou par intérêt, faire entendre leur différence », tranche le journaliste d’opposition William Tonnet.

Formé dans l’ex-Union soviétique, l’ancien général d’artillerie Joao Manuel Gonçalves Lourenço est un pur produit du parti. Tout comme son successeur annoncé à la vice-présidence du MPLA, l’actuel ministre de l’Administration territoriale Bornito de Sousa.

Innocente Nice