Le dialogue à rude épreuve en Guinée

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C'est dans cette optique qu'ils ont rencontré de nouveau le lundi dernier l'Alliance pour la démocratie et le développement (ADP)  et le collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition. Le but de cette rencontre était de convaincre ce bloc de partis politiques de l'opposition à participer aux travaux du dialogue qui se tiennent au palais du peuple à Conakry.

L'ADP et le collectif ont maintenu leur position à savoir celle d'avoir un dialogue ''bipartite''. Avec d'un côté le pouvoir et ses alliés et de l'autre les partis qui se réclament de l'opposition, comme le bloc regroupant l'ADP et le collectif.

Une façon de dire non à la présence des centristes regroupés, notamment au sein du club des républicains (CDR). Ce club est constitué de partis politiques dirigés quasiment par des anciens ministres. C'est le cas de Jean-Marie Doré, qui a dirigé la transition en tant que Premier ministre en 2010, ainsi que Kassory Foafana, ancien ministre des Finances sous l'ère de Lansana Conté. A eux, d'autres noms viennent s'ajouter tel que celui de Boubacar Barry, ancien ministre de la Construction sous la junte de Moussa Dadis Camara.

Le bloc des centristes trouverait un peu ''dure'' le discours de l'ADP et du collectif, qui eux  voient pourtant en leur démarche celle ''digne'' d'une opposition. Raison pour laquelle l'ADP et le collectif exigent une modification du cadre de dialogue.

Le comité de médiation après avoir échangé avec le bloc de l'ADP et du collectif devait retourner de nouveau rencontrer le chef de l'Etat à partir du mercredi dernier. Pour l'heure, rien n'a filtré sur la démarche des médiateurs du côté de la présidence. A savoir s'il y a eu rencontre ou pas.

Lors d'un tête-à-tête avec le président Alpha Condé, il y a environ deux semaines, ce dernier n'avait pas l'air du tout favorable à une exclusion des centristes du cadre de dialogue. C' est du moins ce qu'avait rapporté le comité aux participants à ce dialogue.

L'ADP et le collectif eux pensent tout à fait le contraire, en demandant à ceux que les parties soient justes deux. A savoir le pouvoir d'un côté et eux de l'autre.

L'opposition dans sa plate-forme revendicative exige la restructuration de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le départ des délégations spéciales nommées à la place des maires, l'attribution de temps d'antenne au niveau des médias d'Etat aux partis d'opposition.

Pour l'organisation d'élections législatives apaisées, la classe politique guinéenne doit taire ses querelles. Cela passe par la relance du dialogue sur des bases saines. C'est du moins l'avis de bien des gens qui reconnaissent que le processus de dialogue ''fait du sur place''.

Lors de son récent séjour dans la capitale guinéenne, Abdou Diouf, secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie avait invité la classe politique guinéenne à briser le ''mur de méfiance'' qui s'était érigé entre le pouvoir et l'opposition. Pourvu que ces propos tombent  dans de bonnes oreilles, pour qu'enfin des élections crédibles puissent se tenir.