Côte d’Ivoire : la compétition politique est devenue une nouvelle source de division, déplore Charles Konan Banny

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Nous avons connu dix ans d'une drôle de guerre dont les élections présidentielles devaient marquer la fin. Malheureusement, les codes qui régissent les activités politiques n'ont pas été respectés, entraînant un énorme péril qui a ouvert une plaie béante au cœur de la nation ivoirienne", a déploré M. Banny.

A en croire celui-ci, c'est pour "guérir cette plaie" et mettre le pays à l'abri de nouvelles commotions que le chef de l'Etat ivoirien a institué la CDVR.

"Cette Commission a travaillé d'arrache-pied pour écrire la partition de l'hymne de la réconciliation qui ne pourra être convenablement exécuté que si chacun joue sa part avec cœur", a-t- il énoncé.

"Nous devons penser à une nouvelle nation ivoirienne. Il nous faudra tous faire preuve de courage, de discernement et de confiance", a aussi plaidé Charles Konan Banny qui a promis user du dialogue et de la persuasion pour amener les Ivoiriens à accepter de s'inscrire dans le sillage de la Commission.

Pour le président de la CDVR, la Côte d'Ivoire a fait de la paix un des traits majeurs de sa culture, parce que les peuples qui la composent ont retiré des tragédies qui ont jalonné leurs différents parcours, la haine de la violence et des affrontements meurtriers.

"Cette culture de la paix, forgée et intériorisée avec patience par tous en Côte d'Ivoire, a été malheureusement remise en cause par le primat accordé aux intérêts politiques et partisans", a-t- il toutefois  fustigé.

M. Banny a ainsi exhorté les Ivoiriens à être les artisans d'une véritable révolution humaine.

Celui-ci a par ailleurs fait état de l'engagement de la CDVR à relever la dignité humaine et restaurer les droits de toutes les victimes du drame ivoirien.

"Les causes du mal ayant été identifiées, nous promettons de recommander la juste réparation des préjudices", a-t-il  conclu.

La Côte d'Ivoire tente de retrouver le chemin de la normalité après une crise post-électorale aigüe qui a secoué le pays cinq mois durant, faisant au moins 3 000 morts et un million de déplacés selon les autorités ivoiriennes.

La réconciliation nationale en vue de la reconstitution du tissu social "effrité" par la crise se présente comme un défi majeur pour les autorités ivoiriennes et l'ensemble de la population.