Mali: fin de la campagne présidentielle

Bamako (© 2018 Afriquinfos)- Au Mali, les candidats à l’élection présidentielle ont tenu vendredi leurs derniers meetings et lancé d’ultimes appel à la mobilisation pour le scrutin de dimanche, après trois petites semaines de campagne.

Le président sortant et candidat à un second mandat, Ibrahim Boubacar Keïta a déclaré à l’endroit de ses 2.000 partisans réunis sur un parking du centre de Bamako, « mon unique crime, c’est l’amour que vous me portez ».

A quelques centaines de mètres de là, son principal opposant, Soumaïla Cissé, qui figure en bonne position parmi les 23 challengers qui le défieront dimanche, tient également son dernier meeting. Malgré la présence de l’activiste contestataire Ras Bath, très influent auprès de la jeunesse, la foule est moins nombreuse que du côté présidentiel.

La nuit était déjà tombée et la pluie redoublait lorsque le chef de l’Etat âgé de 73 ans a fait son apparition sur une grande scène, vêtu de blanc comme à l’accoutumée, sous les cris de « IBK président » lancé par un maître de cérémonie au bagout d’animateur de radio privée.

« Personne ne peut gérer le Mali en cinq ans, personne. Si IBK part, le prochain président qui va venir, il va reprendre à zéro encore. On ne veut pas ça, on veut la continuité », explique Cheickna Traoré, un jeune entrepreneur spécialisé dans le forage de puits, installé avec un groupe d’amis au milieu d’une rangée de mobylettes, près de l’entrée du meeting, placé sous haute sécurité.

Devant un public où jeunes filles en jeans côtoient des mères de famille en boubous colorés et des étudiants en T-shirt, le président joue sur l’émotion, évoque le « lien indestructible entre vous et moi ».

Il égrène les villes du Mali qu’il a visitées, de Kidal (nord-est), où il a passé une « journée merveilleuse et une nuit mémorable », à Tombouctou, où il a émis des voeux « pas pour moi mais pour le Mali ».

« On dit que je suis un roi fainéant, mais en ne faisant rien, nous avons fait du Mali la première puissance agricole de la région et notre ratio dette/PIB est le meilleur de l’Uémoa (Union économique et Monétaire Ouest Africaine) », ajoute « IBK », qui s’exprimait majoritairement en français.

Le temps d’encore expliquer qu’il avait « sollicité auprès du peuple un second mandat », « pas par soif du pouvoir » mais parce qu’il « reste des choses à faire », Ibrahim Boubacar Keïta reprend la route du palais présidentiel.

V.A.

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