Guinée : Décès du chanteur Mory Kanté

Mory Kanté

Conakry (© 2020 Afriquinfos) – La légende de la musique guinéenne,  Mory Kanté est décédé ce vendredi à Conakry. L’auteur du tube légendaire Yéké-YéKé s’est éteint dans son pays natal, la Guinée à l’âge de 70 ans. L’artiste n’a jamais quitté sa kora âgée de 80 ans. Il est par ailleurs le père de l’artiste Manamba Kanté, épouse de l’artiste guinéen Soul Ban.

Mory Kanté est né le 29 mars 1950 en plein Empire mandingue dans un petit village du sud de la Guinée, Albadariya, près de Kissidougou. Son père, El Hadj Djeli Fodé Kanté, est déjà un très vieil homme et Mory compte parmi les plus jeunes de ses 38 enfants. La famille Kanté est une célèbre famille de griots.

Les parents de Mory sont tous les deux griots. Le destin de l’enfant est donc tout naturellement de devenir un « jali », terme mandingue pour « griot ».

Élevé d’abord par sa mère malienne Fatouma Kamissoko, Mory va à l’école française. En 1971, Mory a 21 ans. Il est repéré par le saxophoniste Tidiani Koné qui lui propose d’intégrer son groupe, le Rail Band de Bamako, fameux orchestre de l’hôtel de la gare. Mory accepte et prend place dans l’orchestre dont le chanteur n’est autre que le Malien, Salif Keïta.

Kora                              

En 1976, il reçoit le Trophée de la « Voix d’or » au Nigéria. Parallèlement, il apprend la kora et transgresse ainsi une certaine tradition qui veut que le balafon soit l’instrument noble dans sa famille. Il devient cependant très vite un virtuose de cette harpe à 21 cordes

En 1978, Mory est installé à Abidjan en Côte d’Ivoire, ville musicalement très active et où les moyens de travailler et d’enregistrer sont surtout plus nombreux.

C’est à Los Angeles, sur le label du noir américain Gérard Chess, Ebony, que Mory Kanté enregistre son premier disque en 1981, Courougnègnè.

Mory Kanté arrive en France en plein hiver avec la ferme intention d’aller plus loin encore dans ses expériences musicales et de se faire connaître en Europe.

Dès 1984,  il sort un premier album, produit par le producteur africain Aboudou Lassissi. L’accueil critique et public est bon et Mory Kanté se fait connaître en quelques mois.

En 1985, le Camerounais Manu Dibango prend l’initiative d’inviter les artistes africains à enregistrer une chanson au profit des Éthiopiens, victimes de la famine qui sévit alors. Mory Kanté fait naturellement partie du projet.

En janvier 1990, il retrouve les studios à Bruxelles, puis à Los Angeles, pour mettre au point son album Touma (« Le moment »). Pour l’occasion, et fort de sa notoriété,

En 1996, Mory Kanté sort un album autoproduit afin de conserver une certaine indépendance de création.

Il faut attendre 2001 pour retrouver Mory Kanté. C’est en juin de cette année qu’il sort Tamala (« le Voyageur ») après un long silence.

Son dernier album, La Guinéenne, est sorti en 2012.

En 2001, Mory Kanté a été nommé Ambassadeur de bonne volonté de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)2, organisation spécialisée du système des Nations unies, créée en 1945 à Québec (Canada) dont l’objectif est « construire un monde libéré de la faim ».

I.N.

Lire aussi

[custom-related-posts]
Afriquinfos.com © Copyright 2020, Tous droits réservés