Fermeté attendue de la CEDEAO à l’égard de la Guinée comme dans le cas malien

Abuja (© 2021 Afriquinfos)- Après le Conseil paix et sécurité de l’Union africaine, c’est la Cedéao qui s’apprête à se réunir ce mercredi 8 septembre 2021, en sommet extraordinaire virtuel, pour discuter de la situation en Guinée, a déclaré à l’AFP sa directrice de la communication, Sandra Oulate, et ce  alors que les putschistes parachevaient hier mardi leur prise de contrôle dans le pays.

Mais, alors que de plus en plus de dirigeants ouest-africains s’efforcent de modifier les règles afin de consolider leur emprise sur le pouvoir et refusent d’abandonner leur poste à la fin de leur mandat, la réputation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), est mise à rude épreuve, s’agissant de respect des normes démocratiques.

Pour en finir avec les coups d’État sur le continent africain, les instances sous-régionales et panafricaines devraient “sortir de la logique de la solidarité mécanique entre les présidents”, affirme le site d’information sur la Guinée « Le Djely », qui note la défiance des populations envers des institutions africaines et internationales incapables de rappeler à l’ordre les présidents à tendance autocratique.

Le journal burkinabé ‘’Le Pays’’ pointe tout particulièrement la responsabilité de l’Union Africaine et de la CEDEAO, “incapable de défendre sa Charte de la démocratie et de la bonne gouvernance auprès des chefs d’État”.

La situation est “d’autant plus désespérante” que les institutions sous-régionales ou même continentale comme l’Union africaine, semblent elles aussi “impuissantes à se faire respecter”, poursuit le quotidien : ‘’En ne respectant pas les règles du jeu démocratique, les chefs d’État africains sont en train de dérouler le tapis rouge aux militaires pour un retour en force sur le devant de la scène politique.”

Le “disque rayé” de la condamnation de la Cedeao

Le “disque rayé” de la condamnation des coups d’État militaire ne sert à rien, abonde le Wakat Séra. Le journal burkinabé estime que la condamnation des “brimades subies au quotidien par le peuple, le musellement de la presse, l’embastillement des opposants, la répression de manifestations aux mains nues, l’asphyxie de la société civile, la mauvaise gouvernance et les coups d’États constitutionnels”, aiderait davantage les populations locales dans leur aspiration démocratique.

Le  dimanche 5 septembre, plus d’un ont condamné le coup d’État en Guinée, cependant, les pays de la région et les institutions africaines apparaissent assez silencieuses depuis que Mamady Doumbouya a précisé ses intentions lundi, lors d’un discours.

Le Conseil paix et sécurité de l’Union africaine a pourtant tenu une réunion d’urgence lundi après-midi, mais il n’a diffusé aucun communiqué à l’issue et personne au sein de l’organisation ne souhaite communiquer.

Retour sur le cas Malien

L’épilogue de plus de dix années de régime d’Alpha Condé en Guinée a suscité une large réprobation internationale, notamment de l’Union africaine (UA) qui a appelé à la « libération immédiate » de M. Condé et au « retour à l’ordre constitutionnel ».

 On se rappelle, à la suite d’un putsch similaire au Mali voisin en août 2020, la Cédéao avait pris des sanctions, essentiellement économiques, jusqu’à ce que les militaires s’engagent sur la voie d’une transition de 18 mois maximum pour rendre le pouvoir à des dirigeants civils issus d’élections.

Une délégation au Mali, conduite par le médiateur de la Cédéao dans cette crise, l’ex-président nigérian Goodluck Jonathan, a d’ailleurs exprimé mardi son inquiétude quant au respect des échéances, se disant « préoccupée par l’insuffisance d’actions concrètes dans la préparation effective du processus électoral ».

 

V.A.

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