Yayi Boni obtient le récépissé de son nouveau parti, et conteste toujours le parrainage aux élections

Porto-Novo (© 2020 Afriquinfos)- Le parti fondé par des anciens membres des FCBE et d’autres leaders de l’opposition a désormais une existence légale. Présidé par l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale, Eric Houndété, « Les Démocrates » a obtenu son récépissé ce vendredi 11 décembre 2020, de sources internes du parti.

Cette formation d’opposition dont l’ex-président Boni Yayi est l’un des membres fondateurs attendait ce document depuis plusieurs mois. La Société civile et l’opposition  dont le parti ‘’Les Démocrates’’ qualifient et dénoncent la disposition du Code électoral relatif au parrainage des candidats à l’élection présidentielle comme une norme crisogène. Ils appellent le président Talon à agir pour la suppression de cette disposition. S’inscrivant dans le même sens, l’Observatoire chrétien catholique de la gouvernance a aussi critiqué la dégradation du climat politique dans le pays et s’en est notamment pris au système de parrainage prévu pour l’élection présidentielle d’avril 2021.

Cette organisation qui dépend de l’Église catholique a également formulé plusieurs recommandations pour la tenue de l’élection présidentielle du 11 avril 2021 dans un climat apaisé. Tout en dressant un bilan sans concession de la gouvernance depuis l’arrivée au pouvoir du président Patrice Talon en avril 2016. S’il note des avancées, l’Observatoire déplore la détérioration du climat politique national, marquée par plusieurs faits, dont la révision de la Constitution, de la Charte des partis politiques et aussi l’introduction du parrainage pour le prochain scrutin présidentiel.

« Le problème n’est pas seulement la question du parrainage. La thématique  de la présidentielle à venir est plus profonde que ça. Mais déjà, c’est satisfaisant qu’il y ait des gens dans la République qui élèvent le ton pour montrer le chemin à suivre au président », salue Valentin Djenontin, ancien député et ex-ministre de la Justice, proche de Thomas Boni Yayi. En novembre 2019, Valentin Djenontin avait été condamné par contumace à deux ans d’emprisonnement et deux millions de francs CFA d’amende, assortis d’un mandat d’arrêt international, pour vol et diffusion de documents administratifs.

 Le parrainage n’est pas un déni de démocratie

De son côté, la majorité présidentielle n’approuve pas la recommandation de l’Observatoire chrétien catholique de la gouvernance. « Il n’y a jamais eu d’élections ouvertes à 100%. Vous pensez que quelqu’un qui est condamné dans son pays, on peut lui permettre de venir se présenter à une élection présidentielle ? Mais le parrainage, ce n’est pas une invention du Bénin, vous le savez très bien.

En France, il y a le parrainage. Au Sénégal, aussi. En Côte d’Ivoire, pareil. Pourquoi est-ce que ça fait polémique chez nous? », s’interroge Abdoulaye Gounou Salifou, député de Natitingou (extrême nord-ouest du pays) et président du groupe Bloc républicain à l’Assemblée nationale, l’une des deux formations politiques de la majorité représentées dans l’actuel hémicycle.

V. A.

Lire aussi

[custom-related-posts]
Afriquinfos.com © Copyright 2020, Tous droits réservés