Le ‘thiébou dieune’ sénégalais au patrimoine immatériel de l’UNESCO ? 

Dakar (© 2020 Afriquinfos)- Des chercheurs de la ville de Saint-Louis (Sénégal) désirent voir le «thiébou dieune» (plat emblématique du Sénégal) être inscrit au patrimoine mondial culturel immatériel de l’Unesco, au même titre que la pizza italienne par exemple. Et s’en donnent les moyens.  

 Le dossier de cette demande d’inscription a été déposé au siège de l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) il y a quelques jours. Le Sénégal via une telle démarche souhaite revendiquer l’identité et l’ascendance culturelles du thiébou dieune (le «riz au poisson» en wolof), ce plat traditionnel, composé de riz, de poisson et d’une variété de légumes, connu à travers le monde. 

 L’idée remonte à l’année dernière, mais elle a mis du temps à se concrétiser. Le dossier a été officiellement déposé par la Direction du patrimoine culturel sénégalais, laquelle est convaincue que le fameux riz au poisson remplit les critères de l’Unesco. Du thiof (du mérou), du riz, des carottes, du manioc, du bouillon cube, des oignons et plus ou moins de piment : voilà la recette qui pourrait bientôt être reconnue comme patrimoine culturel immatériel par l’Unesco. 

 Le «thiébou dieune» ou le «Jolof Rice» à l’Unesco? 

 L’histoire du « thiébou dieune» est étroitement liée à la Ville de Saint-Louis du Sénégal, ancienne capitale de l’AOF (Afrique Occidentale Française) qui abrite en son sein deux sites considérés comme patrimoine mondial de l’Unesco. Il s’agit du «Parc aux oiseaux de Djoudj» qui représente également la troisième réserve ornithologue mondiale et du «Parc de la Langue de Barbarie» né de l’affrontement du fleuve Sénégal avec l’océan Atlantique. 

Même si d’autres pays comme le Nigéria et le Ghana proposent à l’Unesco pour leur part le nom «jolof Rice», le Sénégal estime qu’il s’agit d’une imitation du riz au poisson sénégalais ou «thiebou dieune penda mbaye», car le «jolof rice» pourrait être aussi inscrit au Patrimoine immatériel de l’Unesco. Un risque non-négligeable pour le pays de la Teranga qui se verrait déposséder de sa propriété culturelle au profit de deux nations anglophones d’Afrique de l’Ouest. 

Face à la vulgarisation du «jolof rice», nouveau nom anglophone très connu pour désigner le «thiébou dieune», les chercheurs de l’Institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN, au Sénégal) veulent que l’origine du plat soit protégée. Sa labélisation comme patrimoine mondial de l’Unesco pourrait ainsi contribuer à accroître la réputation déjà mythique de la ville de Saint-Louis du Sénégal qui représente une grande attraction touristique dans le monde. La réponse de l’Unesco sur le sujet n’est pas attendue avant plusieurs mois. 

 V. A.

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