Burkina Faso: le CDP et le MPP balisent le terrain dans l’optique de la présidentielle 2020 

Covid-19 au Burkina Faso

Ouagadougou (© 2020 Afriquinfos)- La diaspora burkinabé, une communauté de sept millions de ressortissants dont plus de la moitié vit en Côte d’Ivoire, a lancé samedi dernier à Abidjan son premier Mouvement politique pour peser sur l’élection présidentielle de novembre 2020 au Burkina. Ce même samedi,  des forces de sécurité ont empêché à Ouagadougou un rassemblement prônant le retour au bercail de l’ex-président burkinabè Blaise Compaoré. Un chassé-croisé politique qui n’est pas anodin.

 

Quelques milliers de délégués venus de 18 pays ont mis en place à Abidjan un Mouvement politique dénommé « C’est le moment » ! « Nous avons décidé de porter notre choix sur le président Roch Marc Christian Kaboré qui brigue un deuxième mandat parce qu’il a permis à la diaspora de prendre part aux élections, d’obtenir dix sièges au parlement (dans la prochaine législature) et de disposer d’un ministère des Burkinabé de l’étranger », a aussitôt justifié Moumouni Pograwa, son porte-parole. Pour M. Pograwa, « le président Kaboré a fait front contre le terrorisme et constitue un bouclier face à ce fléau ».

Kaboré, 63 ans, a été investi le 11 juillet dernier par le MPP (Mouvement du peuple pour le progrès, au pouvoir), pour briguer un second mandat. De leurs côtés, le chef de file de l’opposition burkinabè Zéphirin Diabré, l’ex-Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo, Gilbert Noël Ouédraogo, dirigeant d’un parti anciennement allié à Compaoré, ou encore Eddie Komboïgo, le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, ‘ex-parti de Compaoré), se sont aussi déclarés candidats à la présidentielle de novembre 2020. La diaspora burkinabè transfère chaque année l’équivalent de 58 milliards de FCFA (environ 88 millions d’euros) vers le Faso, selon des chiffres officiels.

Les actions pro-Compaoré toujours ‘mal vues’ sous le MPP

Un imposant dispositif policier dressé aux abords de la ‘Maison du peuple’ dans la capitale Ouagadougou où devait se tenir une manifestation (se voulant pacifique et neutre) de contestation, a empêché des milliers de personnes de se rassembler. Aucune raison officielle n’a été donnée par les forces de l’ordre, certains policiers se contentant d’indiquer que le rassemblement est « reporté ».  « Nous avions convié les populations burkinabé à un rassemblement pour la paix, la réconciliation nationale et le retour des exilés politiques avec à leur tête le président Blaise Compaoré », s’est défendu le coordonnateur national du mouvement, Allasane Ouédraogo, lors d’une conférence de presse délocalisée dans un hôtel jouxtant la ‘Maison du peuple’.

Les organisateurs qui se déclarent indépendants de tout parti politique ont expliqué leur initiative par la « lenteur » des autorités et des leaders d’opinion «à insuffler le dynamisme d’une véritable réconciliation nationale. Contre toute attente, nous constatons la présence des éléments de la compagnie républicaine de sécurité qui interdit toute entrée dans l’enceinte de la ‘Maison du peuple’», a déploré l’organisateur, exprimant son «étonnement face à une telle décision dont on ignore l’origine».

Chassé du pays en octobre 2014 par une insurrection populaire qui a mis fin à ses 27 ans de pouvoir, M. Compaoré fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Il vit actuellement en Côte d’Ivoire d’où il ne peut être extradé en raison de sa double nationalité ivoirienne obtenue grâce à son épouse. Le Burkina Faso est confronté à des violences jihadistes, entremêlées à des conflits intercommunautaires, qui ont fait depuis 2015 au moins 1.100 morts, et contraint près d’un million de personnes à fuir leurs foyers.

 

Innocente Nice

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