Denrées alimentaires : le Cameroun redoute une flambée des prix suite à la fermeture de la frontière nigériane

Afriquinfos Editeur 7 Vues
2 Min de Lecture

"Ce que nous craignons par-dessus tout, ça porte sur les événements au Nigeria", a soufflé à Xinhua un responsable du ministère du Commerce au lendemain d'une réunion organisée lundi par le chef de ce département ministériel, Luc Magloire Mbarga Atangana, avec les opérateurs économiques camerounais sur les mesures préventives élaborées contre la spéculation redoutée.

Convaincu qu'"il y aura une flambée des prix des denrées alimentaires au Nigeria à cause de la suppression des subventions des prix de l'essence", ce responsable a estimé que "cela risque de déteindre sur les prix des mêmes produits au Cameroun".

Bien plus, "si le Nigeria commence à aspirer les ressources actuelles du Cameroun, il y aura une spéculation qui sera difficile à maîtriser".

Mais lors de la réunion de lundi, le ministre du Commerce Mbarga Atangana a laissé entendre que le Cameroun disposait de " réserves suffisantes pour pouvoir alimenter l'ensemble du marché" national.

Face à une production locale inférieure à la demande, ce pays d' Afrique centrale est pourtant poussé à se livrer à des importations massives à coups de centaines milliards de francs CFA de produits alimentaires tels que le riz, le blé, le maïs, le sucre, etc.

Dans le même temps toutefois, le Nigeria se ravitaille en vivres frais et secs sur les marchés frontaliers des régions septentrionales camerounaises (Extrême-Nord, Nord et Adamaoua), grand bassin de production agricole doté d'unités de transformation industrielle comme la Société de développement du coton (SODECOTON) et la Société d'expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (SEMRY).

Les échanges commerciaux entre les deux pays sont davantage informels et la contrebande y tient une place importante. Pour le ministre du Commerce, les ventes promotionnelles annoncées qui sont déjà courantes à Yaoundé, servent à approvisionner les populations des trois régions citées afin d'éviter les pénuries et la spéculation.