Burundi : campagne de mobilisation pour lutter contre le commerce illicite des médicaments

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Dr Julien Kamyo, conseiller au ministère burundais de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida, a précisé que ce commerce illicite a des impacts négatifs sur l'état de santé de la population.

En effet, a-t-il explicité, il est alimenté par de faux médicaments qui peuvent nuire ou tuer, mais aussi de vraies médicaments utilisés en automédication à des doses insuffisantes répétées, pouvant entraîner des résistances ou même à des doses trop élevées qui peuvent provoquer des intoxications, allant jusqu'à obliger la victime à recourir finalement aux structures d' hospitalisation.

Il a fait remarquer que la situation précaire de certaines catégories de la société burundaise, la perméabilité des frontalières, la défaillance du système de soins et du réseau officiel d'approvisionnement, la corruption, sont des paramètres favorisant ce commerce illicite observé dans toutes les provinces du pays.

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Aux yeux du Dr Kamyo, la législation burundaise existante n'est pas assez dissuasive dans la mesure où les sanctions prévues pour réprimer, les contrevenants ne sont pas proportionnelles à la gravité de l'infraction (une peine allant de 3 mois à deux ans et une amende allant de 200francs burundais à 10.000 francs burundais) .

Une des alternatives pour éradiquer ce commerce illicite des médicaments est le démarrage prochain du laboratoire national de contrôle de qualité installé à Bujumbura grâce à l'appui de l'OMS au Burundi, a-t-il fait savoir.

Pour sa part, le pharmacien Déogratias Niyonzima, inspecteur principal au ministère burundais ayant en charge la santé publique, a révélé que les médicaments sont vendus illicitement au marché, dans la rue et sont conservés dans des conditions qui détériorent la qualité des médicaments, de façon qu'ils perdent leur capacité de guérir le patient.

Ces médicaments vendus illicitement, sont souvent des produits détournés alors que certains d'entre eux sont constitués des dons, a-t-il noté en ajoutant qu'ils peuvent provenir des importations frauduleuses et de la vente des échantillons des médicaments.

En outre, certains fabricants produisent des médicaments contrefaits en mettant des fausses étiquettes, a-t-il dit, avant de déplorer les insuffisances constatées dans le contrôle du commerce des médicaments.

Il a signalé également que les antibiotiques, les antipaludéens et les vermifuges sont les plus concernés par ce commerce illicite.