Affaire Yaya Touré: la journaliste Anicette Konan mise en cause

Après Nathalie KOA en 2016, un autre nom fait trembler les tabloïds footballistiques ivoriens. L’histoire d’une présumée relation entre la journaliste Anicette Konan Blessing et l’ex footballeur international Yaya Touré.

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Anicette Konan Blessing
Anicette Konan Blessing tenant son livre sur sa presumée relation avec Yaya Touré

Abidjan (© 2026 Afriquinfos)- Anicette konan publie un livre : autopsie d’un naufrage orthographique en eaux profondes ou comment un Master 2 en Journalisme devient compatible avec une maîtrise du français niveau CE2…

Prologue : Quand la prétention rencontre l’incompétence – tragédie en quelques fautes

« Il y a une distance infinie entre ce que l’on prétend être et ce que l’on est réellement. Cette distance se mesure en fautes d’orthographe », aurait probablement écrit Pascal s’il avait eu le privilège douloureux de contempler la quatrième de couverture du livre d’Anicette Konan.

Mes très chers lecteurs, installez-vous confortablement. Respirez profondément. Car nous allons entreprendre aujourd’hui un voyage dans l’abîme qui sépare le niveau revendiqué du niveau réel, la compétence proclamée de la compétence démontrée, l’image projetée de la réalité exposée.

Anicette Konan se présente comme : Diplômée d’un Master 2 en Journalisme formée à l’ISTC-Polytechnique. Institution prestigieuse… Journaliste professionnelle au sein de la RTI. Présentatrice de journal télévisé, donc manipulant quotidiennement la langue française devant des millions de téléspectateurs, suffisamment compétente pour écrire et publier un livre… Voilà pour le niveau revendiqué.

Maintenant, examinons le niveau réel, tel qu’exposé sans pitié sur la quatrième de couverture de son œuvre. Attention : la chute est vertigineuse.

Chapitre I : inventaire non exhaustif d’un désastre grammatical – Les plaies de la couverture

Livre d’Anicette Konan Blessing sur sa présumée relation avec Yaya Touré

Procédons méthodiquement. Scientifiquement. Chirurgicalement. Disséquons cette quatrième de couverture comme on autopsie un cadavre pour déterminer la cause du décès.

Cause du décès : négligence orthographique aggravée, combinée à une absence totale de relecture et à un mépris assumé des règles élémentaires de la langue française.

FAUTE #1 : « Et ce Roman » – Quand la majuscule s’invite sans raison. « Et ce Roman je l’écris en tant que journaliste passionnée »

« Roman » avec un R majuscule. Au milieu d’une phrase. Sans aucune raison grammaticale, typographique, ou stylistique valable.

Rappel élémentaire pour ceux qui auraient raté le CM1 :

Les noms communs ne prennent PAS de majuscule en milieu de phrase.

On écrit :

« J’ai lu un roman » (pas « un Roman »)

« Ce film est magnifique » (pas « ce Film »)

« Et ce roman je l’écris » (pas « ce Roman »)

La majuscule est réservée aux noms propres et aux débuts de phrases. Pourquoi cette majuscule aberrante ?

Plusieurs hypothèses :

Hypothèse 1 : Elle pense que « Roman » mérite une majuscule parce que c’est un genre littéraire important.

→ Non. Les genres littéraires ne prennent pas de majuscule. On écrit « un roman », « une nouvelle », « un essai ».

Hypothèse 2 : C’est une faute de frappe qu’elle n’a pas corrigée.

→ Possible. Mais alors pourquoi personne n’a relu avant impression ?

Hypothèse 3 : Elle ne connaît pas les règles de base de la typographie française.

→ Bingo. On tient notre gagnante.

Niveau de la faute : CE2.

Gravité : Sur la quatrième de couverture, donc visible par TOUS.

Verdict : Incompétence élémentaire.

FAUTE #2 : « MON COMBAT DE FEMME FACE a UN PERVERS » – L’accent grave porté disparu

« MON COMBAT DE FEMME FACE a UN PERVERS NARCISSIQUE »

Sur le TITRE. En GROS. En JAUNE CRIARD. Visible à 10 mètres. « FACE A » sans accent.

Pour ceux qui pensent que les accents sont optionnels, permettez-moi une petite leçon de français élémentaire :

« A » sans accent = verbe AVOIR (3ème personne du singulier). Il a un chat. Elle a une maison. Anicette a écrit un livre (truffé de fautes)

« À » avec accent grave = PRÉPOSITION de lieu, temps, manière. Je vais à Paris. Face à un problème. Contraire à la logique. « Face à » = TOUJOURS avec accent.

Sans exception. Sans discussion. C’est dans le Bescherelle depuis 1842.

Mais Anicette Konan, en 2026, diplômée d’un Master 2, présentatrice télé, ne le sait visiblement pas.

Ou pire : elle s’en fout. Niveau de la faute : CM1. Gravité : SUR LE TITRE, en jaune. Verdict : Catastrophique.

FAUTE #3 : « Nul n’est au dessus de la loi » – Le trait d’union en grève. « Nul n’est au dessus de la loi »

Le sous-titre. Juste en dessous du titre principal. « AU DESSUS » en deux mots, sans trait d’union. ERREUR.

Les locutions adverbiales composées avec « au » prennent TOUJOURS un trait d’union :

Au-dessus (pas « au dessus »)

Au-dessous (pas « au dessous »)

Au-delà (pas « au dela »)

Au-devant (pas « au devant »)

C’est une règle absolue, enseignée en CE2, répétée en CM1, consolidée en CM2, et normalement acquise définitivement à l’entrée en 6ème.

Une journaliste professionnelle de 40 ans ne devrait PAS faire cette faute. Jamais. Sous aucun prétexte. Et surtout pas sur la couverture de son livre. Niveau de la faute : CE2

Gravité : Sur le sous-titre, donc très visible. Verdict : Inadmissible pour une professionnelle.

FAUTE #4 : « très assidu aux cours » – Quand le féminin devient invisible. « obtenu en septembre 2025 et très assidu aux cours ». Elle parle d’elle-même. Une femme. Au féminin. Elle écrit « assidu » au masculin.

Cours de grammaire élémentaire :

Les adjectifs s’accordent en genre et en nombre avec le nom qu’ils qualifient.

Un homme assidu → assidu (masculin)

Une femme assidue → assidue (féminin)

Des hommes assidus → assidus (masculin pluriel)

Des femmes assidues → assidues (féminin pluriel)

Anicette Konan est une femme. Donc : « très assidue aux cours ». Avec un E. Toujours. Point.

Le plus savoureux ? Elle se vante d’être « très assidu aux cours » DANS LA PHRASE MÊME OÙ ELLE FAIT UNE FAUTE DE DÉBUTANT.

C’est comme écrire « je suis très fort en ortografe ». C’est de l’auto-sabotage.

Et ça soulève une question vertigineuse : si elle était « très assidue aux cours », à QUELS cours exactement ? Parce que visiblement, pas aux cours de français. Niveau de la faute : CM1.

Gravité : Elle se vante d’être studieuse tout en démontrant le contraire. Verdict : Pathétique.

FAUTE #5 : « l’abus de pouvoir FAITES aux femmes » – L’accord parti en vrille totale « pour dénoncer la dictature, l’abus de pouvoir faites aux femmes » Ah. CELLE-LÀ.

C’est mon morceau préféré de cette symphonie du désastre grammatical. « L’abus de pouvoir FAITES aux femmes. »

Analysons méthodiquement :

Étape 1 : Identifier les noms

« La dictature, l’abus de pouvoir »

On a DEUX noms :

La dictature (féminin singulier)

L’abus (masculin singulier) + complément « de pouvoir »

Étape 2 : Comprendre la structure

« La dictature, l’abus de pouvoir [participe passé] aux femmes »

Le participe passé doit s’accorder avec les noms qu’il qualifie.

On a deux noms : un féminin ET un masculin.

Étape 3 : Appliquer la règle d’accord

RÈGLE FONDAMENTALE : Quand on a plusieurs noms de genres différents, le masculin l’emporte.

C’est LA règle de base de l’accord du participe passé avec plusieurs noms.

Exemples :

« La table et le bureau achetés hier » (masculin l’emporte)

« Ma mère et mon père sont partis » (masculin l’emporte)

« La dictature et l’abus faits aux femmes » (masculin l’emporte)

Donc : « la dictature, l’abus de pouvoir FAITS aux femmes »

FAITS au masculin pluriel.

Pas « FAITES » au féminin pluriel.

Anicette a écrit « faites » parce qu’elle a probablement pensé :

« Il y a le mot ‘femmes’ qui est féminin pluriel à la fin, donc je mets ‘faites’ au féminin pluriel. »

NON, ANICETTE. NON.

Le participe s’accorde avec les sujets (dictature, abus), pas avec le complément (aux femmes).

C’est du niveau 4ème/3ème.

Préparation au brevet des collèges.

Comment peut-on avoir un Master 2 et faire cette faute ?

Niveau de la faute : 4ème/3ème.

Gravité : Erreur grammaticale grossière.

Verdict : Incompréhensible pour une « journaliste professionnelle ».

FAUTE#6: Au lieu d’écrire Côte d’Ivoire, Annicette a osé écrire cote d’ivoire. Incroyable. La même chose pour Manchester City au lieu du vulgaire manchester city. C’est tellement grave que je ne donne pas de verdict.

Chapitre II : Le gouffre vertigineux entre le niveau revendiqué et le niveau réel

Yaya Touré et Anicette Konan Blessing

Résumons ce qu’Anicette Konan Blessing prétend être :

✓ Diplômée d’un Master 2 (Bac+5) en Journalisme

✓ Formée dans une institution prestigieuse (ISTC-Polytechnique)

✓ Journaliste professionnelle depuis des années

✓ Présentatrice de journal télévisé (manipule la langue quotidiennement)

✓ Auteure (donc censée maîtriser l’écrit)

✓ « Très assidue aux cours » (selon ses propres dires)

Voilà le niveau revendiqué. Le costume qu’elle porte. L’image qu’elle projette.

Maintenant, regardons le niveau réel, tel que démontré par sa couverture :

✗ Majuscules intempestives (niveau CE2)

✗ Accents manquants (niveau CE1)

✗ Traits d’union absents (niveau CE2)

✗ Accords féminin/masculin ratés (niveau CM1)

✗ Accords du participe passé erronés (niveau 4ème)

Plusieurs fautes élémentaires sur une seule page. La page la plus importante du livre.

La page que TOUT LE MONDE va voir. La distance vertigineuse. Il y a un gouffre entre ces deux niveaux. Un abîme. Une faille tectonique.

C’est comme si un chirurgien cardiologue ne savait pas localiser le cœur.

C’est comme si un pilote de ligne ne savait pas lire un altimètre.

C’est comme si un professeur de mathématiques ne savait pas faire une division. C’est INCONCEVABLE.

Sauf que là, c’est réel. C’est documenté. C’est imprimé. C’est distribué.

Une journaliste professionnelle, diplômée Bac+5, qui ne maîtrise pas le français de CE2.

La question fondamentale, comment est-ce possible ?

COMMENT peut-on traverser tout un cursus universitaire en journalisme, obtenir un Master 2, travailler des années dans les médias, présenter le journal télévisé quotidiennement, et ne pas maîtriser les règles de base de sa propre langue de travail ?

Plusieurs hypothèses :

Hypothèse 1 : Le syndrome du diplôme sans compétence

Elle a obtenu ses diplômes sans jamais vraiment maîtriser les fondamentaux.

Comment ? Système éducatif défaillant ? Complaisance des correcteurs ? Tricherie organisée ? On ne sait pas.

Mais le résultat est là : un diplôme qui ne reflète aucune compétence réelle.

Hypothèse 2 : La régression cognitive

Elle maîtrisait peut-être autrefois, mais elle a perdu ses compétences par négligence, paresse intellectuelle, ou simplement parce qu’elle s’en fout.

Quand on n’entretient pas ses connaissances, elles s’érodent.

Hypothèse 3 : L’imposture assumée

Elle a toujours été médiocre, mais elle a appris à le cacher suffisamment bien pour grimper les échelons.

Jusqu’à ce qu’elle publie un livre et que son incompétence soit exposée au grand jour.

Quelle que soit l’hypothèse, le résultat est identique : une professionnelle qui n’a pas le niveau de sa fonction.

Chapitre III :  L’imposture ou quand l’apparence remplace la substance

Plongeons plus profondément dans ce phénomène.

Anicette Konan incarne parfaitement ce que le sociologue Erving Goffman appelait « la présentation de soi » : l’art de construire une image publique qui peut être totalement déconnectée de la réalité.

Le costume vs. La personne

Elle porte le costume de la journaliste professionnelle :

Le diplôme encadré au mur

La carte de presse

Le plateau télé

La reconnaissance sociale

Mais sous le costume, il n’y a pas la compétence correspondante.

C’est comme un acteur qui joue un médecin dans une série : il a la blouse blanche, le stéthoscope, le langage médical appris par cœur.

Mais il ne peut pas opérer.

Anicette Konan a tous les signifiants de la compétence journalistique.

Mais pas la compétence elle-même.

La société du spectacle et la valorisation de l’image

Guy Debord, dans La Société du Spectacle, expliquait que dans notre monde moderne, l’apparence a remplacé l’être.

Ce qui compte n’est plus ce qu’on EST, mais ce qu’on PARAÎT ÊTRE.

Anicette Konan paraît être une journaliste compétente :

Elle est à la télé

Elle a un diplôme

Elle parle avec assurance

Elle porte des tailleurs professionnels

Donc elle doit être compétente, non ?

Non.

Parce que quand elle publie un livre — un support qui ne pardonne pas, qui fixe les mots, qui expose sans filtre — la réalité éclate au grand jour.

Les fautes sont là. Imprimées. Indélébiles.

L’imposture est révélée.

Le diplôme comme cache-misère

Bourdieu parlait du capital culturel : ces diplômes, ces certifications qui sont censées attester d’une compétence.

Mais que se passe-t-il quand le diplôme devient un cache-misère plutôt qu’une preuve de compétence ?

Quand on obtient un Master 2 sans maîtriser les fondamentaux ?

Quand l’institution universitaire délivre des diplômes sans vérifier réellement les acquis ?

On obtient Anicette Konan.

Une femme qui brandit son Master 2 comme un bouclier de crédibilité, tout en démontrant sur chaque page qu’elle n’a pas le niveau d’un élève de CM2.

Le diplôme est devenu un mensonge institutionnalisé.

Chapitre IV : La responsabilité de l’ISTC – quand l’institution échoue

Parlons franchement de l’ISTC-Polytechnique.

Anicette Konan met bien en évidence sur sa couverture : « formée à l’ISTC ».

C’est censé être un label de qualité.

Une garantie de compétence.

Regardons le produit de cette formation :

« Et ce Roman » avec majuscule aberrante

« Face a » sans accent

« Au dessus » sans trait d’union

« Très assidu » au lieu d’« assidue »

« Pouvoir faites » au lieu de « faits »

Des fautes monumentales sur une seule page.

Questions dérangeantes pour l’ISTC

Question 1 : Comment valide-t-on un diplôme de Master en Journalisme à quelqu’un qui ne maîtrise pas les accords de base ?

Question 2 : Les mémoires de fin d’études sont-ils réellement lus et corrigés, ou simplement validés par complaisance ?

Question 3 : Y a-t-il des examens de français éliminatoires dans votre cursus ?

Question 4 : Quand Anicette écrit qu’elle était « très assidue aux cours », de quels cours parle-t-elle ? Certainement pas ceux de maîtrise de la langue.

Question 5 : Allez-vous enfin réagir publiquement pour défendre la réputation de votre institution ?

Je vous prie de ne pas devenir complice.

Complice de la médiocrité.

Complice de l’imposture.

Complice de la dévalorisation de ses propres diplômes.

Car maintenant, quand quelqu’un dira « Je suis diplômé de l’ISTC », on pensera à Anicette Konan et à son « Face a un pervers » sans accent.

Est-ce vraiment l’héritage que vous voulez laisser ?

Les vrais diplômés de l’ISTC, ceux qui maîtrisent leur langue, ceux qui respectent la déontologie, ceux qui honorent leur formation, méritent que vous défendiez leur réputation.

Publiez un communiqué.

Rappelez vos standards.

Prenez vos distances avec cette catastrophe éditoriale.

Ne laissez pas Anicette Konan détruire ce que des générations de professeurs ont construit.

Chapitre V : Le graphisme comme reflet de l’ensemble – métaphore visuelle du désastre

Au-delà des fautes, parlons du design de cette couverture.

Car il est, lui aussi, révélateur.

Les Bulles de BD : L’infantilisation d’un sujet prétendument grave

Des bulles de pensée style bande dessinée années 1950.

Sur un livre qui prétend traiter d’un sujet sérieux : « Mon combat de femme face à un pervers narcissique ».

Des bulles de BD.

C’est comme illustrer Le Journal d’Anne Frank avec des Schtroumpfs.

C’est comme mettre des emojis sur la couverture de L’Insoutenable légèreté de l’être.

C’est totalement, absolument inapproprié.

Mais surtout, c’est révélateur :

Anicette ne prend pas son propre sujet au sérieux.

Pour elle, ce n’est pas un « combat », c’est un spectacle.

Ce n’est pas un témoignage, c’est du divertissement.

Les bulles de BD le trahissent.

Le bleu marine générique : Le choix de la paresse créative

Un fond bleu marine uniforme.

Le même bleu que :

90% des livres de développement personnel bas de gamme

100% des formations en ligne douteuses vendues sur Facebook

150% des « e-books » à 2,99€ sur Amazon

C’est le bleu de la flemme absolue.

« Allez, du bleu, ça fait sérieux. On imprime. »

Sauf que non, Anicette.

Ça ne fait pas sérieux. Ça fait cheap.

Ça crie : « Travail bâclé, fait en vitesse, sans budget, sans imagination, sans âme. »

La composition générale : L’esthétique du PowerPoint de stagiaire

La mise en page générale ressemble à un projet étudiant réalisé sur PowerPoint en 2 heures la veille de la deadline.

Photos découpées maladroitement

Bulles mal alignées

Texte pas centré correctement

Typographie criarde et agressive

On dirait un devoir de collège.

Non, pardon. J’insulte les collégiens.

On dirait un montage fait sur une application gratuite de smartphone.

Et ça aussi, c’est révélateur :

Le même manque de soin, le même amateurisme, la même précipitation qu’on retrouve dans les fautes d’orthographe.

Tout est cohérent : c’est uniformément médiocre.

Chapitre VI : Le timing suspect – La preuve du calcul cynique ?

Reprenons la chronologie :

Lundi : Anicette perd son procès en Europe contre Yaya Touré

Mardi : Elle balance les enregistrements clandestins sur les réseaux sociaux

Jeudi : Le livre est publié, imprimé, en vente

TROIS JOURS.

Comment écrit-on, édite-t-on, corrige-t-on, imprime-t-on et distribue-t-on un livre en trois jours ?

Réponse courte : ON NE PEUT PAS.

À moins que…

Le livre était déjà écrit.

Le livre était déjà « édité » (entre guillemets, vu le résultat).

Le livre était déjà imprimé.

Le livre attendait juste le bon moment marketing pour être lancé.

La stratégie commerciale mise à nu

Acte I : Tenter le chantage privé

→ Échec. Yaya refuse de payer 700 millions de dédommagement + 50 millions.

Acte II : Porter l’affaire devant les tribunaux européens

→ Échec. Perte du procès.

Acte III : Créer le buzz médiatique

→ Balancer les enregistrements sur les réseaux sociaux

→ Scandale national. Objectif atteint.

Acte IV : Monétiser immédiatement

→ Lancer le livre pendant que le scandale est chaud

→ Surfer sur la vague avant qu’elle retombe

C’est calculé de A à Z.

Ce n’est pas un « cri du cœur ».

Ce n’est pas un « besoin de témoigner ».

C’est du business. Du marketing. De l’opportunisme commercial pur.

Et le plus cynique ?

Elle pense qu’on ne voit pas le calcul.

Elle pense qu’on va croire à la spontanéité.

On n’est pas dupes, Anicette.

On voit la stratégie. On voit la manipulation. On voit le cynisme.

Et on en rit.

Chapitre VII : La médiocrité triomphante – symptôme d’une époque

Au-delà du cas Anicette Konan, cette affaire révèle quelque chose de plus profond, de plus inquiétant sur notre époque.

Le triomphe de l’apparence sur la compétence

Nous vivons dans une société où :

L’image compte plus que la substance.

Le diplôme compte plus que la compétence.

Le buzz compte plus que la qualité.

La vitesse compte plus que l’excellence.

Anicette Konan incarne parfaitement cette dérive :

Elle a le diplôme, mais pas la compétence.

Elle a l’image (présentatrice télé), mais pas la maîtrise.

Elle crée le buzz, mais produit de la médiocrité.

Elle publie vite, mais livre du bâclé.

Et ça marche.

Ça marche parce que nous valorisons les mauvais critères.

Nous applaudissons les diplômes sans vérifier les compétences.

Nous regardons les présentateurs télé sans questionner leur niveau réel.

Nous achetons les livres qui font le buzz sans examiner leur qualité.

Nous sommes complices de la médiocrité triomphante.

La dévalorisation progressive des standards

Hannah Arendt parlait de la « banalité du mal » : comment l’inacceptable devient acceptable par petites étapes.

On pourrait parler ici de la « banalité de la médiocrité » :

Étape 1 : On laisse passer quelques fautes. « C’est pas grave, on comprend quand même. »

Étape 2 : On délivre des diplômes à des gens qui ne maîtrisent pas les fondamentaux. « Il faut pas être trop exigeant. »

Étape 3 : On embauche des journalistes qui font des fautes. « L’important c’est le contenu, pas la forme. »

Étape 4 : On publie des livres truffés d’erreurs. « De toute façon, ça va se vendre quand même. »

Étape 5 : On accepte que le niveau baisse indéfiniment.

Et un jour, on se réveille avec Anicette Konan.

Présentatrice de journal télévisé qui écrit « face a » sans accent.

Diplômée de Master 2 qui ne sait pas accorder les adjectifs au féminin.

Auteure qui publie un livre avec d’énormes fautes sur la quatrième de couverture.

Et personne ne s’en offusque vraiment.

C’est terrifiant.

Le mépris implicite du public

Car il y a autre chose dans ces fautes.

Un mépris.

Un mépris du lecteur.

Un mépris qui dit : « De toute façon, ils ne verront pas. »

« Ils ne verront pas que j’ai écrit ‘Roman’ avec une majuscule. »

« Ils ne verront pas que j’ai oublié l’accent sur ‘face à’. »

« Ils ne verront pas l’accord raté du participe passé. »

« Ils sont trop cons pour voir mes fautes. »

C’est ce que ces erreurs nous disent.

Elles nous insultent.

Elles insultent notre intelligence, notre éducation, notre capacité à lire correctement.

Et CELA est impardonnable.

Plus que les fautes elles-mêmes, c’est le mépris qu’elles révèlent qui est inacceptable.

Chapitre VIII : La responsabilité collective – nous sommes tous coupables

Mais soyons honnêtes : Anicette Konan n’est pas seule responsable.

Nous le sommes tous. Les professeurs qui ont validé. Quelque part, des professeurs ont corrigé ses copies, ses mémoires, ses examens.

Et ils ont validé.

Malgré les fautes. Malgré les lacunes. Ils l’ont laissée passer.

Par complaisance ? Par fatigue ? Par baisse de standards ?

Peu importe la raison. Le résultat est là.

L’université qui a diplômé L’ISTC-Polytechnique lui a délivré un Master 2.

Un diplôme Bac+5.

Le plus haut niveau universitaire avant le doctorat.

À quelqu’un qui ne maîtrise pas le français de CE2.

Comment est-ce possible ?

Quels contrôles qualité ont échoué ?

Quels standards ont été abandonnés ?

L’institution porte une responsabilité écrasante.

Les employeurs qui ont embauché

La RTI l’a embauchée comme présentatrice de journal télévisé.

Un poste où la maîtrise parfaite de la langue est ESSENTIELLE.

Quelqu’un a-t-il vérifié son niveau réel ?

Quelqu’un a-t-il fait passer un test de français ?

Visiblement non.

On a regardé le diplôme. On a été impressionné par l’apparence.

On n’a pas vérifié la compétence réelle.

Les lecteurs qui vont acheter

Et maintenant, le livre est publié.

Avec ses fautes. Avec sa médiocrité. Avec son cynisme.

Certains vont l’acheter quand même.

Par curiosité. Par soutien mal placé. Par goût du scandale.

En l’achetant, ils valident.

Ils disent : « C’est acceptable. »

Ils récompensent la médiocrité.

Ils encouragent la prochaine Anicette Konan à publier le prochain livre bâclé.

Nous sommes tous complices.

Chapitre IX : Le message aux futurs acheteurs – ne soyez pas complices

Chers compatriotes ivoiriens,

Si vous envisagez d’acheter ce livre, permettez-moi de vous poser quelques questions :

Voulez-vous encourager la médiocrité ?

En achetant ce livre truffé de fautes, vous dites au marché éditorial : « C’est bon, vous pouvez publier n’importe quoi. »

Voulez-vous récompenser le chantage raté ?

Ce livre existe parce qu’une tentative d’extorsion a échoué. En l’achetant, vous transformez l’échec du chantage en succès commercial.

Voulez-vous valider l’opportunisme cynique ?

Publié en trois jours pour surfer sur un scandale. En l’achetant, vous encouragez ce modèle.

Voulez-vous contribuer à la baisse du niveau ?

Si ce livre marche malgré ses fautes, demain dix autres livres bâclés seront publiés.

Ou préférez-vous…

✓ Soutenir de VRAIS auteurs qui passent des années sur leurs œuvres

✓ Encourager l’excellence plutôt que la médiocrité

✓ Élever les standards plutôt que les abaisser

✓ Récompenser la compétence plutôt que l’apparence…

Chaque achat est un vote. Un vote pour le type de littérature qu’on veut.

Un vote pour le type de société qu’on construit. Votez bien.

Chapitre X : L’injure finale – Le gouffre entre prétention et Réalité

Revenons à notre point de départ :

Le niveau revendiqué :

Master 2 en Journalisme

Formation ISTC-Polytechnique

Journaliste professionnelle

Présentatrice télé

Auteure

« Très assidue aux cours »

Le niveau réel :

« Et ce Roman » (faute de typographie CE2)

« Face a » (faute d’accent CM1)

« Au dessus » (faute de trait d’union CE2)

« Très assidu » (faute d’accord féminin CE1)

« Pouvoir faites » (faute d’accord du participe 4ème)

La distance entre ces deux niveaux est vertigineuse.

C’est un gouffre. Un abîme.

Une faille béante entre ce qu’elle prétend être et ce qu’elle est réellement.

Et cette faille, exposée sans pitié sur la couverture de son livre, révèle une vérité cruelle :

Anicette Konan est une imposture.

Pas une imposture morale (ça, on le saura si c’est le cas).

Une imposture intellectuelle.

Elle porte les habits de la compétence sans avoir la compétence.

Elle brandit les diplômes de la légitimité sans avoir la légitimité.

Elle occupe la position de l’expertise sans avoir l’expertise.

Elle est un costume vide. Une façade sans bâtiment. Une apparence sans substance.

Et ces petites fautes, ces erreurs « insignifiantes », exposent toute l’imposture.

Parce que les détails ne mentent jamais.

On peut mentir avec des mots. On peut manipuler avec des images. On peut tromper avec des diplômes.

Mais on ne peut pas tricher avec l’orthographe. L’orthographe est impitoyable.

Elle révèle le niveau réel, sans filtre, sans déguisement.

Et le niveau d’Anicette Konan est à mille lieues de ce qu’elle revendique.

Épilogue : Une prière pour l’excellence perdue

Il fut un temps où l’excellence était valorisée.

Où les diplômes signifiaient réellement quelque chose.

Où les professionnels maîtrisaient réellement leur métier.

Où publier un livre était un acte sérieux, réfléchi, travaillé.

Ce temps semble révolu. Aujourd’hui, on publie en trois jours.

On diplôme sans vérifier les compétences.

On embauche sur l’apparence plutôt que la substance.

Et on se retrouve avec Anicette Konan.

Mais peut-être que ce livre, dans toute sa médiocrité assumée, aura une vertu :

Nous réveiller. Nous faire réaliser où nous en sommes.

Nous forcer à nous demander : « Est-ce vraiment ça qu’on veut ? »

Et peut-être, juste peut-être, nous donner envie de revenir à l’excellence. Post-scriptum final

Chère Anicette, Merci.

Merci pour cette démonstration magistrale de ce qu’il ne faut pas faire.

Merci pour ces fautes qui resteront dans les annales.

Merci pour avoir prouvé que le niveau revendiqué et le niveau réel peuvent être séparés par un gouffre.

Tu nous as offert une leçon. Pas celle que tu voulais donner. Mais celle dont nous avions besoin. « Nul n’est au-dessus de la loi. » Même pas au-dessus de la loi grammaticale.

Jacob Koné Katina (Chroniqueur, Consultant en communication, professeur de français)