Folie meurtrière au Soudan: L’Afrique, le monde arabe et l’Occident en médiateurs!

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Addis-Abeba (© 2023 Afriquinfos)- Plusieurs pays du continent et organisations ont appelé et continuent d’appeler l’armée soudanaise régulière du général Abdel Fattah al-Burhane et les forces paramilitaires de son ancien allié, le général Mohamed Hamdane Daglo au calme et à la retenue, alors que les affrontements se poursuivent au Soudan ce mardi 18 avril, pour le quatrième jour consécutif.

Depuis ce lundi, La Ligue arabe (LA) a tenu une réunion d’urgence au Caire, la capitale égyptienne, pour discuter des affrontements militaires en cours au Soudan. La Ligue arabe a appelé à un arrêt immédiat des affrontements armés qui se déroulent actuellement dans le pays entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR), une force paramilitaire soudanaise, tout en soulignant la responsabilité des parties belligérantes de préserver la sécurité et la sûreté des civils soudanais dans les zones de combat et plus généralement dans tout le pays.

Plusieurs dirigeants d’Afrique de l’Est ont appelé dimanche à la fin immédiate des combats au Soudan. Ils ont décidé d’envoyer au plus tôt les présidents Kiir, Ruto et Guelleh sur place pour réconcilier les belligérants. La présidence kényane a déclaré que les dirigeants du bloc régional, l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), avaient pris part dimanche à une réunion d’urgence virtuelle, et avaient appelé à une cessation immédiate des hostilités entre les parties en conflit au Soudan.

Ont participé à cette session d’urgence le président kényan William Ruto, le président sud-soudanais Salva Kiir, le président ougandais Yoweri Museveni, le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh et le président somalien Hassan Sheikh Mohamud.

Egypte, Tchad et UA forcent la main aux belligérants 

Abdel-Fattah El-Sissi a appelé toutes les parties soudanaises à faire preuve de retenue, déclarant que son administration communiquait avec les parties belligérantes pour mettre fin aux combats. « Si j’avais un message à délivrer, et je l’ai dit au président Salva Kiir (du Sud-Soudan), nous sommes tous deux prêts à jouer un rôle de médiation entre nos frères du Soudan afin de parvenir à une trêve. Les discussions se poursuivent, et nous sommes en contact constant avec les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide pour les encourager à cesser le feu, et à mettre fin à l’effusion de sang des Soudanais. Il s’agit, encore une fois, de parvenir à des négociations qui conduisent au rétablissement de la stabilité« , a indiqué le Président égyptien.

Dès le début des violences le 15 avril, le Président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, était l’un des premiers à appeler à un cessez-le-feu au Soudan et à offrir sa présence sur le terrain pour apaiser les tensions.

M. Faki a ‘’exhorté toutes les composantes de la communauté internationale à conjuguer, dans l’unité et l’urgence, leurs efforts pour amener les parties à cesser immédiatement les actions militaires et à revenir à la table des négociations en vue d’une sortie de crise satisfaisante pour tous’’, a conclu un communiqué de l’UA.

‘’Je condamne fermement le déclenchement des combats qui se déroulent au Soudan et appelle les dirigeants des Forces de soutien rapide (RSF) et des Forces armées soudanaises (SAF) à cesser immédiatement les hostilités, à rétablir le calme et à entamer un dialogue pour résoudre cette crise’’, a déclaré lundi le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

Les chefs de la diplomatie américaine et britannique, réunis au Japon pour un sommet du G7, ont appelé lundi 17 avril à la « cessation immédiate » des violences au Soudan, où des affrontements entre groupes paramilitaires et armée régulière. Le Parti pour la Réforme et l’Indépendance Économique (PRIE) a exprimé son inquiétude et son désarroi face à la situation actuelle, tout en appelant à une cessation immédiate des hostilités et à une médiation rapide pour le retour à la paix.

Le président du PRIE, Abdallah Chidi Djorkodeï, a condamné les affrontements armés qui ont lieu dans la capitale Khartoum et dans d’autres villes. Le Président tchadien de la transition, le général Mahamat Idriss Déby, s’est aussi exprimé sur la situation au Soudan, pays voisin et frère, dans une déclaration publiée ce 16 avril 2023 sur sa page Facebook.

Il a annoncé qu’il a eu des échanges téléphoniques avec le président du Conseil souverain de transition, le général Abdel Fattah Al-Burhan Abdulrahman, ainsi qu’avec le vice-président, le général Mahamat Hamdan Dagalo, les deux belligérants. Il a exprimé sa tristesse face aux événements récents et a appelé à un cessez-le-feu et à la recherche d’une solution pacifique par le dialogue, afin d’éviter des souffrances inutiles pour les populations.

Mahamat Idriss Déby Itno pourrait donc jouer un rôle de médiateur dans la crise soudanaise, tout comme son défunt prédécesseur Idriss Deby Itno avait pu le faire à plusieurs reprises. Au moins 185 personnes ont été tuées et plus de 1.800 blessées depuis le début des combats. Mais le bilan pourrait être beaucoup plus lourd, car de nombreux corps se trouvent dans les rues du centre de Khartoum que personne ne peut atteindre en raison des affrontements, selon des humanitaires. Aucune information officielle n’a été donnée sur le nombre de civils ou de combattants tués.

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