Pour réduire sa dépendance au pétrole la CNUCED recommande au Tchad de diversifier son économie

Genève (© 2019 Afriquinfos)-Suite au constat de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) selon lequel, l’économie tchadienne reste très dépendante de l’industrie pétrolière, N’Djaména a été appelé à diversifier son économie afin de réduire la dépendance au pétrole.

 D’après l’organe onusien, le Tchad reçoit l’essentiel des flux d’investissements étrangers directs (IED).

Dans son évaluation de la politique d’investissement du Tchad publié mardi, la CNUCED a indiqué que  « le Tchad peut attirer plus d’investissements en diversifiant son économie et atteindre les objectifs du développement durable », recommande l’agence onusienne basée à Genève.

Toutefois, d’autres secteurs pourraient bénéficier de ces investissements et aider le pays à réaliser des progrès importants sur la voie d’un développement inclusif et durable.

L’agence onusienne rappelle aussi que le Tchad est le deuxième producteur mondial de gomme arabique. De plus, la production de sésame, de beurre de karité, de spiruline et d’arachide pourrait également attirer des IED importants. En outre, l’élevage, ressource majeure de l’économie et la troisième plus importante en Afrique, possède également un immense potentiel.

 « Des niveaux d’investissement plus importants pourraient être atteints dans l’agriculture et l’élevage », relève la CNUCED.

Le rapport jette ainsi les bases d’une politique et d’un cadre stratégique à travers lesquels les chaînes agropastorales et l’agro-industrie pourraient être développées davantage.  

« Le Tchad est conscient de ses faiblesses et a déjà commencé à appliquer les recommandations de l’évaluation de la politique d’investissement (EPI) afin d’améliorer le climat de l’investissement », a expliqué Abakar Ousman Sougui, Directeur technique général du commerce au Ministère des mines, du développement industriel et commercial et de la promotion du secteur privé.

De façon générale, la CNUCED plaide pour une amélioration du climat des affaires. Elle met en avant toutes ces « mesures réglementaires et institutionnelles concrètes » visant à renforcer l’environnement des affaires et qui sont « nécessaires pour mieux exploiter le potentiel du Tchad ».

Ces « réformes nécessaires » permettront « de favoriser un rôle accru du secteur privé, tant local qu’étranger, et aider à la formalisation de l’économie », a déclaré James Zhan, Directeur de la Division en charge des investissements et des entreprises à la CNUCED.

Ces réformes nécessaires permettront de favoriser un rôle accru du secteur privé, tant local qu’étranger, et aider à la formalisation de l’économie – James Zhan (CNUCED)

Au-delà de l’instabilité juridique et institutionnelle, les recommandations de l’EPI visent à clarifier et à simplifier le régime des entreprises afin d’encourager les investissements provenant de différentes sources et de promouvoir l’esprit d’entreprise, quelle que soit leur taille. Les réformes doivent s’accompagner d’une stratégie efficace de promotion des investissements, y compris la restructuration des fonctions et des priorités de l’Agence nationale pour l’investissement et les exportations.

N’Djaména, rappelle de son côté l’engagement du gouvernement pour un programme de réformes visant à « améliorer le climat de l’investissement ». « Les recommandations de l’EPI seront mises en œuvre au plus haut niveau, en particulier par l’intermédiaire du Conseil présidentiel récemment créé pour améliorer le climat de l’investissement et de l’Observatoire du climat des affaires », a souligné Achta Djibrine Sy, Ministre des mines, du développement industriel et commercial, et de la promotion du secteur privé.

V.A.