Le Ghana, l’un des pays pétroliers et gaziers d’Afrique

Accra (© 2019 Afriquinfos)-Dans le passé, le Ghana a été l’un des producteurs de pétrole et de gaz les plus modestes du continent, mais sa production devrait croître rapidement au cours des cinq prochaines années.

Mohammed Amin Adam, vice-ministre ghanéen de l’Énergie chargé du pétrole, est convaincu que le secteur énergétique de son pays est sur le point de connaître une énorme avancée. Il déclare que le Ghana est en mesure de faire passer sa production de pétrole de 180 000-200 000 bl/j aujourd’hui à 500 000 bl/j d’ici six ans, et vise à atteindre jusqu’à 1 million bl/j par la suite. « Si nous voulons maintenir ou accroître notre production, nous devons être très agressifs en termes d’exploration », a-t-il déclaré.

En 2017, la production moyenne des champs TEN était de 56 000 bl/j ; cette année, la production du champ OCTP devrait atteindre un pic à 45 000 bl/j. Outre ces deux champs en exploitation, d’autres projets d’exploration progressent rapidement, comme les découvertes de Teak, Akasa et Mahogany East dont les tests de puits ont révélé l’existence de réserves importantes.

L’organisation chargée du développement des ressources en hydrocarbures des États d’Afrique de l’Ouest est la société pétrolière nationale Ghana National Petroleum Corporation (GNPC). L’augmentation de la production ghanéenne devrait être assurée par la croissance des actuels forages offshore, notamment Twenboa-Enyenra-Ntomme (TEN) et Offshore Cape Three Points (OCTP).

Le premier flux d’hydrocarbures a été remonté des puits offshore ghanéens TEN opérés par Tullow Oil jusqu’à la FPSO (unité flottante de production et de stockage) « Professor John Evans Atta Mills » en août 2016. Le champ OCTP est un projet intégré en eau profonde divisé en deux étapes : le développement des gisements de pétrole d’abord, puis ceux de gaz, opérés par Eni Ghana. Situé à environ 60 km de la côte occidentale du Ghana, le champ OCTP recèle des réserves pétrolières et gazières non associées : 40 milliards de m3 de gaz et 500 millions de barils de pétrole environ.

Le pays a un autre grand projet dans ses cartons : « Ghana 1000 », un projet de conversion de gaz en électricité en plusieurs phases, situé près de Takoradi, dans l’ouest du Ghana. Il s’agit d’une technologie de production d’électricité à cycle combiné qui aura une puissance d’environ 1 300 MW une fois sa construction achevée ; elle soutiendra l’industrie ghanéenne du gaz naturel en plein essor en achetant le gaz naturel du gisement de Sankofa, qui fait partie du champ OCTP. Un pipeline sous-marin reliera une unité flottante de stockage et de regazéification (FSRU) à des installations terrestres qui alimenteront ensuite le projet. La FSRU devrait commencer à fonctionner en 2020.

Le Ghana a achevé son premier cycle de campagnes d’octroi de licences pétrolières et gazières au début de cette année avec l’attribution de deux des cinq blocs proposés. Les sociétés First Exploration et Petroleum Development, en partenariat avec Elandel Energy (Ghana), ont remporté le bloc WB02, tandis que le bloc WB03 a été adjugé à Eni Ghana et Vitol Upstream Tano. Le bloc WB03 est situé dans les eaux moyennement profondes du riche bassin de Tano, au large du Ghana. Vu le succès de ce cycle, un deuxième cycle d’octroi de licences est en cours d’organisation.

L’industrie pétrolière et gazière du Ghana continue d’attirer les principaux acteurs mondiaux du secteur. Reflet de son importance croissante, le Ghana sera bien représenté à l’Africa Oil Week avec la présence d’un trio de conférenciers de haut niveau : Benjamin Kwame Asante, haut responsable du pétrole au ministère de l’Énergie, Egbert Isaac Faibille, membre de la Commission ghanéenne du pétrole et M. John Peter Amewu, ministre de l’Énergie.