Covid-19 : Les États ne doivent pas abuser des mesures d’urgence pour restreindre des contestations légitimes (Experts onusiens)

togo covid-19

New York (© 2020 Afriquinfos)-Des experts indépendants des droits de l’homme de l’ONU ont exhorté ce lundi les États à éviter d’outrepasser les mesures sécuritaires dans leur réponse à l’épidémie de coronavirus et leur ont rappelé que le recours aux pouvoirs d’exception ne doit pas être utilisé pour étouffer la dissidence.

« Tout en reconnaissant la gravité de la crise sanitaire actuelle et en admettant que l’utilisation des pouvoirs d’urgence est autorisée par le droit international en réponse à des menaces importantes, nous rappelons aux États que toute réponse d’urgence au coronavirus doit être proportionnée, nécessaire et non discriminatoire », ont déclaré les experts.

Ce communiqué commun des experts indépendants et autres rapporteurs spéciaux fait écho au récent appel de la cheffe des droits de l’homme de l’ONU. Michelle Bachelet avait plaidé pour que les pays mettent les droits de l’homme au centre de toute réponse à l’épidémie de coronavirus.

Portail sur le coronavirus et mises à jour

Les lecteurs peuvent trouver des informations et des conseils sur le nouveau coronavirus (2019-nCoV) fournis par l’Organisation mondiale de la santé et les agences des Nations Unies ici.

Pour les nouvelles quotidiennes d’ONU Info, cliquez ici.

Pour les experts onusiens, les restrictions prises pour répondre au virus doivent être « motivées par des objectifs légitimes de santé publique » et ne doivent pas être utilisées simplement pour « étouffer les dissidences ».

Selon les experts indépendants onusiens, certains États et institutions de sécurité peuvent trouver « attrayante l’utilisation de pouvoirs d’urgence » car elle offre « des raccourcis ». « Pour éviter que de tels pouvoirs excessifs ne soient intégrés dans les systèmes juridiques et politiques, les restrictions devraient être étroitement adaptées et constituer le moyen le moins intrusif possible pour protéger la santé publique », ont-ils ajouté.

Covid-19 ne doit pas être un prétexte pour cibler des groupes, des minorités

Les déclarations d’état d’urgence, que ce soit pour des raisons de santé ou de sécurité, sont clairement guidées par le droit international, ont expliqué les experts des Nations Unies. Ils insistent sur le fait que l’utilisation des pouvoirs d’urgence doit être déclarée publiquement et doit être notifiée aux organes de traités concernés lorsque les droits fondamentaux, notamment la liberté de mouvement, la vie familiale et le droit de réunion, sont considérablement limités.

« De plus, les déclarations d’urgence basées sur l’épidémie de Covid-19 ne doivent pas servir de base pour cibler des groupes, des minorités ou des individus particuliers », ont-ils fait valoir, redoutant au passage que de telles décisions ne servent « de couverture à des actions répressives sous le couvert de la protection de la santé, ni être utilisées pour faire taire le travail des défenseurs des droits de l’homme ».

En conclusion, ils encouragent les États à rester « fermes dans le maintien d’une approche fondée sur les droits de l’homme pour réguler cette pandémie », afin de faciliter l’émergence de sociétés saines, avec un « État de droit et des protections des droits de l’homme ».

 

Enfin, dans les pays où le virus est en déclin, les autorités doivent chercher à rétablir le cours normal de la vie quotidienne. « Les pays doivent éviter de recourir de manière excessive aux pouvoirs d’urgence pour réglementer indéfiniment la vie quotidienne », ont déclaré les experts indépendants des Nations Unies.

Outre les membres du Groupe de travail sur la détention arbitraire, une quinzaine d’autres experts indépendants font partie des signataires dont Agnès Callamard, Rapporteure spéciale sur les exécutions extrajudiciaires ; David Kaye, Rapporteur spécial sur la liberté d’expression ; ou Michel Forst, Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme.

 

 

Ces articles devraient vous intéresser :

Africa’s Pulse & riposte anti-Covid-19 : les décideurs africains tenus de réorienter leur stratégie ...
Parade anti-Covid-19 en Afrique : part des engagements américains
Le Bénin enregistre un premier cas de coronavirus confirmé (officiel)
Le Festival de Cannes reporté à une date ultérieure en raison du Covid 19
Malawi: la justice réexamine l'annulation de la présidentielle
Coronavirus : la Tanzanie s'en remet à Dieu
Maroc : un masque en 3D et une appli détectent à distance le Covid-19 
Le ‘’Covid-Organics’’ simplement victime du nom de son pays inventeur (A. Rajoelina)
L'Ethiopie déclare l'état d'urgence pour lutter contre le coronavirus
Reporté en raison du Covid-19 : le CHAN pourrait être reprogrammé plus tard en 2020
Coronavirus : un traitement « prometteur » à base de chloroquine à l’essai en France
Showbiz: les démêlés de l’ex-copine de DJ Arafat
L’état de la pandémie sur le continent au 15 mai 2020
Crise en Guinée-Bissau: la CEDEAO reçoit le soutien de l'ONU et de l'Union africaine
Covid-19 : la BCEAO accompagne les entreprises incapables de rembourser leurs crédits
RDC: A Beni, Guterres a promis la poursuite du soutien de l'ONU contre les groupes armés
Covid-19 : Washington injectera 5 milliards de dollars dans la santé mondiale, avec l'Afrique comme ...
Ethiopie : Abiy Ahmed met en garde l'opposition
L’état de la pandémie en Afrique au aout 13 aout 2020
Coronavirus : Donald Trump promet un soutien à Cyril Ramaphosa
Covid-19 au Maroc : report de la 47ème édition du trophée Hassan II du golf
Covid-19: Le Ghana prend le lead des contaminations en Afrique de l'ouest
Le covid 19 ou La covid 19 : l’Académie française tranche
Soudan : Un échec de la communauté internationale sera un "terrible prix à payer" (ONU)

Lire aussi

[custom-related-posts]
Afriquinfos.com © Copyright 2020, Tous droits réservés