CEMAC : La délocalisation du siège de Bangui au menu d’un sommet vendredi à Libreville

 

C’est le principal dossier de ces assises censées se prononcer sur les conclusions d’une réunion des ministres de l’Union économique et monétaire de l’Afrique centrale (UEAC) ayant « retenu en avril dernier le principe de la délocalisation provisoire du siège de la Commission suite aux troubles en République centrafricaine », selon un communiqué de presse publié par cet organe.

Dans leur rapport sur la situation en République centrafricaine et ses conséquences sur la CEMAC, les ministres de l’UEAC réunis le 12 avril dans la capitale gabonaise s’étaient alarmés du « caractère répétitif des événements de 1996 à 2013, ayant conduit aux actes de pillages, de vols, de violations des locaux diplomatiques et de destruction des biens meubles et immeubles appartenant aux fonctionnaires et agents de la Communauté ».

Ces exactions décrites sont surtout liées aux violences survenues à Bangui après la prise du pouvoir le 24 mars des ex-rebelles de la Séléka dont le leader, Michel Djotodia, devenu président de transition depuis deux mois, est annoncé au sommet de vendredi où il participera pour la première fois aux côtés des autres dirigeants de la CEMAC.

Excepté le Camerounais Paul Biya qui se fait représenter, la mobilisation est quasi générale, puisque le Congolais Denis Sassou Nguesso, médiateur de la crise centrafricaine, le Tchadien Idriss Deby Itno, par ailleurs président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), et l’Equato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo ont aussi accepté de répondre à l’invitation de leur homologue gabonais Ali Bongo Ondimba, président en exercice de la CEMAC.

Hôte du sommet, le président Bongo Ondimba est d’ailleurs en compétition avec son homologue Obiang Nguema Mbasogo pour la délocalisation provisoire du siège de la Commission de l’organisation régionale et d’autres organismes spécialisés tels l’Ecole inter-Etats des douanes, selon des sources concordantes.

Bien que le principe soit admis, rien n’est toutefois acquis. Certaines indiscrétions font savoir qu’aux dernières nouvelles l’option politique finalement envisagée est celle du maintien de cette institution dans la capitale centrafricaine.

Pour cette éventualité, deux arguments sont avancés : le poids économique de la Commission de la CEMAC en RCA et les efforts de sécurisation de Bangui pour lesquels les pays de la CEEAC ont décidé d’accroître les effectifs de leur force commune, la Force multinationale de l’Afrique centrale (FOMAC, pour les porter à 2.000 hommes.

En attendant les conclusions de la rencontre des chefs d’Etat, les ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale avaient fixé quatre critères pour le choix du lieu de délocalisation provisoire, dont la mise à disposition immédiate des bâtiments devant abriter les bureaux, les logements des membres du gouvernement de la Commission et des fonctionnaires du personnel de statut international.

Les autres critères se résument par la facilité d’accès aux autres pays de la Communauté, la libre circulation des ressortissants de la Communauté, l’accessibilité aux structures sanitaires et scolaires dans le pays d’accueil.

En plus de la situation en RCA, le sommet extraordinaire de vendredi prévoit de débattre de la libre circulation des personnes et des biens qui reste bloqué à cause du refus du Gabon et de la Guinée équatoriale d’appliquer la suppression de la délivrance des visas aux autres ressortissants de l’espace communautaire, comme le font depuis 2006 le Cameroun, le Congo, la RCA et le Tchad.

D’après le communiqué de presse de la Commission de la CEMAC, « sur la base de nombreux textes pris en vue d’instaurer la libre circulation des citoyens de la Communauté sur l’ensemble de l’espace CEMAC, les chefs d’Etat devraient, à l’issue de ce sommet, consacrer la suppression des visas en zone CEMAC pour tout citoyen de la Communauté d’ici la fin de l’année ».

Ce sommet se tient en marge d’un forum économique, la deuxième édition du New York Forum Africa organisée à Libreville après la première édition en 2012 et qui accueille d’autres dirigeants africains tels le Sénégalais Macky Sall et l’Ivoirien Alassane Ouattara. C’est un événement dédié à la promotion des investissements sur le continent.

Par Raphaël MVOGO

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