UEMOA/La BCEAO projette d’atteindre sous peu 75% d’inclusion financière via la Fintech

Dakar (© 2019 Afriquinfos)  Une conférence internationale sur les FinTech se tient à Dakar depuis le mercredi 30 et s’achèvera ce jeudi 31 octobre. Ayant pour thème principal : « FinTech: défis, opportunités et perspectives pour les pays en développement », elle a notamment servi à déterminer  les avantages que pourraient tirer les pays membres de la CEDEAO des technologies financières.

Les FinTech constituent une incroyable opportunité de développement pour les États d’Afrique. Leur développement important a amené la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a posé le débat sur les défis qu’elles posent, les opportunités et les perspectives qu’elles offrent pour les pays en développement. C’est à cet effet que la Banque Centrale a son siège de Dakar les experts issus de plusieurs institutions privées. La question de la régulation et de la supervision a notamment été au cœur des échanges. « Certes la technologie et la finance ont toujours été ensemble. Mais l’ampleur de l’impact des Fintech sur le modèle financier a surpris les régulateurs et les acteurs de la finance classique dans le monde. Les FinTech menacent d’obsolescence de nombreux métiers. Elles modifient profondément les pratiques des acteurs et ouvrent la porte à de nouveaux modes de fournitures et de consommation des services financiers », a indiqué Tiémoko Meyliet Koné, Gouverneur de la CEDEAO.

La zone UEMOA suit la tendance et il s’agit de ne se laisser dépasser. Ainsi, dans l’Union, il est noté un accroissement important du nombre de comptes de monnaie électronique. Ainsi, « le nombre de comptes de monnaie électronique est ressorti à 62,9 millions à fin 2018 contre 25 millions en 2015, soit une hausse moyenne annuelle de 38 %. En valeur, le montant total des transactions via la téléphonie mobile a été estimé à 23.534 milliards de francs CFA contre 7.415 milliards en 2015 ».

À ce jour, dans l’Union, 38 institutions sont autorisées à émettre de la monnaie électronique. Si la BCEAO a pu réussir une telle prouesse, c’est grâce « à l’approche réglementaire proportionnée adoptée », a relevé Tiémoko Meyliet Koné.

Ainsi, grâce à ses efforts et son ouverture graduée aux FinTech, la BCEAO a pu booster l’inclusion financière au sein de l’UEMOA. En effet, le taux d’utilisation des services financiers dans l’Union (taux d’inclusion financière), est passé « de 26 % en 2010 à 57,1 % en 2018, avec une contribution de services financiers numériques dépassant le tiers ».

L’objectif, sur le moyen terme, de la BCEAO est d’atteindre un taux d’inclusion financière de 75 %.

Cette inclusion n’est pas sans risques. Selon le Gouverneur, les mutations qu’induisent les FinTech pourraient aussi être porteuses de risques pour l’équilibre du système financier. Elles pourraient également menacer la stabilité financière avec la cybercriminalité, le blanchiment de capitaux et l’exercice illégal d’activités réglementées.

S.B.