UNESCO: Ces nouveaux-venus africains au patrimoine culturel immatériel de l’humanité

Rabat (© 2022 Afriquinfos)- Trois traditions africaines viennent de faire leur entrée au patrimoine immatériel de l’humanité. Il s’agit de : la sauce harissa de la Tunisie, la danse kalela de la Zambie et le raï, chant populaire d’Algérie, désormais donc protégés par l’Unesco.

Comme annoncé, le comité du patrimoine de l’Unesco en session depuis dimanche à Rabat au Maroc,  a donné son verdict. Il a validé ce jeudi 1er décembre 2022, l’inscription de ces trois traditions musicales et culinaires au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Pour la harissa, il n’y a pas eu de débats pour l’inscription. Le comité, comme le veut la règle, estime que la candidature a rempli les cinq critères exigés. « La Tunisie est fière de cette inscription, la harissa a une valeur symbolique importante, elle représente la chaleur, l’activité et la vitalité », a réagi le représentant tunisien dans l’hémicycle.

La harissa est cuisinée à partir de piments séchés au soleil, d’épices fraîchement préparées et d’huile d’olive qui la conserve et en atténue le piquant. On la trouve quasiment dans toutes les assiettes de restaurateurs en Tunisie et elle est exportée vers de nombreux pays.

« Utilisée comme condiment, ingrédient, ou même un plat à part entière, la harissa est bien connue sur tout le territoire tunisien où elle est consommée et produite, en particulier dans les régions qui cultivent le piment », peut-on lire dans le dossier de candidature présenté par la Tunisie.

« Elle est perçue comme un élément identitaire du patrimoine culinaire national, et un facteur de cohésion sociale », ajoute le texte. « Préparée et consommée sur tout le territoire tunisien, la harissa est perçue comme un élément fédérateur de tout un pays ».

« Faisant partie intégrante des provisions domestiques et des traditions culinaires et alimentaires quotidiennes de toute la société tunisienne, la harissa est préparée, le plus souvent, par les femmes dans un cadre familial ou vicinal convivial, à caractère festif, marqué par une entraide communautaire remarquable », explique le dossier de candidature.

Cependant, les débats ont été plus longs pour la danse kalela de la Zambie, danse traditionnelle née durant l’époque coloniale. De nombreux pays comme la Suède, l’Arabie saoudite ou encore le Botswana ont soutenu la candidature zambienne, comme le Burkina Faso qui a demandé des précisions pour renforcer le dossier. Mais après 40 minutes de discussions, la danse kalela a bien été inscrite au patrimoine immatériel de l’humanité.

Le dernier pays  du continent en lice pour cette demande est bien l’Algérie avec le chant Raï : Le dossier algérien a été validé par le comité de candidature et n’a fait l’objet d’aucun débat. « L’inscription du raï, chant populaire d’Algérie sur les listes, constitue pour mon pays un acte décisif de reconnaissance par le monde », a salué depuis Alger, la ministre de la Culture, Soraya Mouloudjji, par Visio-conférence.  « Au nom de l’Algérie, du Président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune, du gouvernement et du peuple algérien, tous ses remerciements à l’Unesco pour cette inscription du Raï, chant populaire d’Algérie, sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité », a-t-elle poursuivi.

Madame Mouloudjji a également présenté les vifs remerciements de l’Algérie au « Comité inter-gouvernemental, ainsi qu’à l’Organe d’évaluation pour leur expertise rigoureuse, juste et objective, ayant conduit à cette reconnaissance internationale », exprimant aussi la reconnaissance de l’Algérie aux Etats qui ont soutenu cette candidature, ainsi qu’au Secrétaire à la Convention, pour tous les efforts et le travail accomplis dans l’échange, l’écoute, l’accompagnement et l’inclusion ».

Sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

Le raï, la danse kalela et la harissa sont donc désormais protégés par l’Unesco, qui a d’ailleurs appelé tous les États du continent africain a engagé des procédures d’inscription au patrimoine immatériel de l’organisation.

Adoptée en octobre 2003 et ratifiée par 180 pays, la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel promeut la sauvegarde des connaissances et savoir-faire nécessaires à l’artisanat traditionnel.

Outil de la diplomatie culturelle, elle récompense également des « pratiques culturelles transmises de génération en génération, comme les traditions orales, les arts du spectacle, les pratiques sociales, rituels et événements festifs ou encore les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ».

La liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité compte aujourd’hui plus de 530 éléments inscrits, dont 72 nécessitent une sauvegarde urgente.

Ouvert depuis dimanche, la 17ème  session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, se tient jusqu’au 3 décembre 2022.

Vignikpo Akpéné

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