Le ciel s’ouvre sur le Sahel: Plus de 200 morts et 1 million de déplacés

Niamey (© 2020 Afriquinfos)- Les inondations au Sahel, provoquées par des pluies diluviennes, ont déjà fait plus de 200 morts et affecté plus d’un million de personnes au Sénégal, Niger, Nigeria ou encore au Soudan. On note aussi des pertes considérables de biens engendrées par ces sinistres. 

 Les sinistres que connaît actuellement le Sahel sont «qualifiés d’exceptionnels» par Guillaume Favreau, hydrologue et représentant de l’Institut pour la recherche et le développement au Niger. 

De l’avis de plusieurs spécialistes des questions hydriques, il y a des causes liées à la saison des pluies de cette année avec une pluviométrie plus importante. Il y a aussi des causes de plus long terme, une intensification des précipitations qui est constatée par les observations et prévisions dans toute l’Afrique de l’Ouest.  

Il y aussi des causes locales, l’ensablement qui est constaté par les habitants et qui est lié à l’érosion très importante des sols autour de Niamey dans un rayon d’une cinquantaine de kilomètres, le déboisement très important sur les bassins versants des rivières Niamey, la Sirba, le Dargole (qui sont des très grandes rivières qui vont jusqu’au Burkina) pour le charbon de bois et le bois de feu.  

 Les mines d’or et les activités rurales qui déforestent rendent par ailleurs certains versants très ruisselants. C’est cette conjugaison de facteurs qui explique l’abondance des crues, notamment de la rive droite du fleuve Niger. 

Reste-t-il-un moyen pour sauver la situation, ou faut-il s’attendre au pire ? A cette question, «il y a des actions à court terme, l’endiguement, mais il faut qu’il soit réalisé dans les règles de l’art et également des actions à long terme de reboisement de ces bassins versants. Il faut une prise en compte de la déforestation à long terme à des actions qui sont bien visibles désormais et qui font que des événements de cette ampleur, hélas, ont une probabilité plus forte dans les années à venir de se produire que par le passé», projette l’hydrologue Guillaume Favreau. 

 

Des cultures agricoles endommagées 

 

Comme conséquence face à ces intempéries dans le Sahel, des cultures entièrement détruites au Niger et au Nigeria.À Niamey, au bord du fleuve, des rizières ont disparu sous les flots voilà déjà plusieurs semaines. Les milliers de riziculteurs qui ravitaillaient la capitale vont connaître une saison difficile.  

 

Au total, les inondations ont détruit plus de 5.500 hectares de cultures au Niger, potentiellement des dizaines de milliers de tonnes de riz qu’il faudra remplacer par des importations alors que le pays achète déjà à l’étranger les deux tiers de sa consommation de riz.Le voisin nigérian est l’un de ses fournisseurs, mais là aussi la situation est difficile.  

L’État de Kebbi, frontalier avec le Niger, a perdu 450.000 hectares de rizières, selon l’Association des riziculteurs nigérians, ce qui représente deux millions de tonnes de riz en moins sur les huit millions de tonnes prévues cette année. Une catastrophe pour le géant ouest-africain, premier producteur rizicole, mais aussi premier importateur de riz en Afrique. Outre l’État de Kebbi, d’autres Etats comme Kano, Enugu, Jigawa et Nasarawa sont également touchés. Les évaluations sont en cours, et les récoltes de sorgho, de mil et de maïs y sont touchées, selon plusieurs témoins. 

 

 

V. A.


 

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