En prélude au lancement de la ZLECA, Afreximbank note les champions du commerce intra-africain

Pretoria (© 2020 Afriquinfos)- Dans un contexte toujours marqué par la Covid-19 et dans la perspective du lancement de la Zone de libre-échange continentale (ZLECA), Afreximbank a publié son Rapport annuel sur le commerce en Afrique (ATR) qui passe en revue l’évolution commerciale et économique en Afrique et met en exergue les champions du commerce intra-africain.

Dans son rapport sur le commerce en Afrique (ATR) publié mercredi dernier, Afreximbank plante d’entrée un décor pas très reluisant et indique que l’année 2019 a été dominée par les guerres commerciales et la hausse des droits de douane qui ont entraîné un fort ralentissement de la croissance du commerce mondial. Cette situation a été aggravée par la Covid-19, et de ce fait, après une baisse de 2,8 % l’an dernier, le commerce mondial devrait se contracter de 9,2 % en 2020. Conséquence, la part de l’Afrique dans le commerce mondial est retombée à 2,7% sur cette période. Une donne qu’il faut comparer aux 4% enregistrés dans les années antérieures. Malgré tout, certains pays ont maintenu le cap s’agissant du commerce intra-africain. Il s’agit de l’Afrique du Sud, le pays qui a le plus contribué au commerce intra-africain en 2019, avec 23 % des échanges.

Le plus grand bond est venu de la RD Congo, qui est devenue le deuxième acteur du commerce intra-africain, totalisant 10,4 % du total des échanges. Le Nigeria s’est classé au troisième rang, avec 7%. Afreximbank fait savoir que le continent demeure trop dépendant des exportations de matières premières, le pétrole et le gaz représentant plus de 37 % des exportations totales.

Faire mieux en 2021

Le rapport ATR de cette année s’est particulièrement intéressé au commerce transfrontalier informel (CTI). C’est une première qui révèle que le CTI joue un rôle prépondérant pour la création d’emplois et de revenus, estimant qu’il apporte une source de revenus à environ 43% de la population africaine et qu’il est dominé par les femmes.

En Afrique australe (le bloc de la SADC), les femmes représentent environ 70% du commerce transfrontalier informel. En Afrique de l’Ouest, les produits alimentaires et agricoles constituent 30% du commerce intra-régional. Afreximbank donne en outre des pistes de solutions pour développer le commerce intra-africain et faire basculer le CTI dans le secteur formel. Il s’agit : de la suppression des obstacles techniques et non tarifaires au commerce, ainsi que la simplification des processus, l’amélioration de l’accès aux financements et la création de systèmes de paiements numérisés réduisant les risques, et qui permettront aux commerçants de se développer et de progresser dans la chaîne de valeur. Car dans le commerce transfrontalier informel, les transactions s’effectuent uniquement en espèces.

Boniface T.

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