Le travail des enfants en hausse en Afrique pour la 1ère fois en 20 ans

Genève (© 2021 Afriquinfos)- Selon une étude de l’Unicef, 160 millions d’enfants étaient forcés de travailler en 2020, soit 8,4 millions de plus en quatre ans. Pour la première fois depuis 20 ans, le travail des enfants progresse dans le monde et en Afrique, inversant la précédente tendance à la baisse qui avait vu le travail des enfants reculer de 94 millions, entre 2000 et 2016. C’est ce qu’indiquent conjointement l’OIT (Organisation internationale du Travail) et l’UNICEF qui avertissent que neuf millions d’enfants supplémentaires sont en danger, à cause de la pandémie de la COVID-19.

  Le travail des enfants sur le continent est d’autant plus à surveiller que la crise économique post-Covid-19 devrait encore faire progresser le phénomène. Le nombre d’enfants victimes du travail des enfants a connu une augmentation et des millions d’autres sont en danger en raison des effets de la pandémie. C’est ce que révèle l’étude «Estimations mondiales 2020, tendances et le chemin à suivre», publié à la veille de la ‘Journée mondiale contre le travail des enfants’ le 12 juin.

  L’étude, mise à jour tous les quatre ans, indique par ailleurs que la moitié des enfants qui travaillent sont âgés de seulement 5 à 11 ans. Autre point inquiétant, le nombre d’enfants qui font un travail dangereux ou empêchant leur scolarisation a également progressé.

  «Nous perdons du terrain dans la lutte contre le travail des enfants et l’année qui vient de s’écouler n’a pas rendu ce combat plus facile», a déclaré la Directrice générale de l’UNICEF, Henrietta Fore.

  La plus forte hausse en Afrique subsaharienne

  En Afrique subsaharienne, la croissance démographique, les crises récurrentes, l’extrême pauvreté et des mesures de protection sociale inadaptées font que 16,6 millions d’enfants supplémentaires ont été astreints au travail au cours des quatre dernières années.

  La très grande majorité des enfants (70% ou 112 millions) sont occupés à des tâches agricoles tandis que 20% sont actifs dans le secteur des services, et les 10% restant dans l’industrie.

  Ils étaient 16,6 millions de plus au début de l’année dernière qu’en 2016. «Ces nouvelles projections sont un cri d’alarme», éclaire le patron de l’OIT, Guy Rider, appelant à «briser le cycle de la pauvreté et du travail des enfants».

Les chocs économiques supplémentaires et les fermetures d’école liés à la COVID-19 signifient que les enfants qui travaillaient déjà risquent de travailler davantage ou dans des conditions dégradées, tandis que beaucoup d’autres pourraient être contraints aux pires formes de travail des enfants, en raison des pertes d’emploi et de revenus au sein des familles vulnérables.

  «Les nouvelles estimations sont un signal d’alarme. Nous ne pouvons pas rester sans rien faire quand une nouvelle génération d’enfants est mise en péril», mobilise le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder.

Face à une seconde année de confinement, de fermetures d’école, de perturbations économiques et de réduction des budgets nationaux, les familles sont réduites à des choix déchirants. Près de 28 pour cent des enfants âgés de 5 à 11 ans et 35 pour cent des enfants âgés de 12 à 14 ans qui travaillent ne sont pas scolarisés.

Le travail des enfants est plus répandu chez les garçons que chez les filles, quelle que soit la tranche d’âge. La prévalence du travail des enfants dans les zones rurales est près de trois fois supérieure à celle des zones urbaines.

 Akpene Vignikpo 

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