Portrait Mouammar Kadhafi, leader libyen

 

Avec des puissances occidentales et arabes impliquées dans le conflit, la situation dans ce pays situé au nord de l’Afrique a attiré l’attention de toute la communauté internationale, qui suit de près non seulement l’évolution des incidents, mais aussi le sort du dirigeant libyen.

Né d’une famille bédouine de la tribu des Guedadfa dans le désert de Syrie le 7 juin 1942, Mouammar Kadhafi reçoit une éducation religieuse rigoureuse avant d’entrer dans l’armée en 1965.

Il a 27 ans quand il renverse le vieux roi Idriss le 1er septembre 1969, sans qu’une goutte de sang ne soit versée.

En 1977, il proclame la « Jamahiriya », qu’il définit comme un « Etat des masses » qui gouvernent par le biais de comités populaires élus, et s’attribue le titre de « Guide de la révolution ». De surcroît il renonce à tous les postes administratifs en 1979.

Son style de vie, ses tenues traditionnelles, sa façon fantasque d’exercer le pouvoir sur cet immense et riche pays pétrolier peu peuplé, apparaissent incongrus et imprévisibles pour les Occidentaux, mais aussi pour les Arabes.

Personnage théâtral, il se singularise par des actes et des propos qui amusent le monde, faisant des affronts à ses pairs arabes ou émettant des théories très personnelles sur l’histoire et les Hommes.

Lors d’un sommet arabe en 1988, on le voit porter un gant blanc. Il justifie cet acte par le fait de vouloir ainsi éviter de serrer des « mains tachées de sang ». Au sommet suivant, il se trouve à côté de l’ex-roi saoudien Fahd. Fumant un gros cigare, il se tourne ostensiblement vers son voisin chaque fois qu’il exhale la fumée.

Son Livre vert, instituant la « Jamahiriya », affirme que la démocratie ne peut être établie par les urnes. « Les élections, c’est une mascarade », dit-il.

Dans les années 1990, Kadhafi, affaibli sur la scène internationale, déçu par ses partenaires arabes, se tourne vers le continent africain.

Elu à la tête de l’Union africaine début 2009, il donne le ton de sa présidence en demandant à ses pairs de l’appeler désormais « Roi des rois traditionnels d’Afrique ». Après une année chaotique où ses prises de position dissonantes brouillent l’image de l’institution, il cède la place au président du Malawi.

Traité pendant des décennies de chef d’un Etat « terroriste », il décide de se réconcilier avec l’Occident.

En 2003, à la surprise du monde entier, il annonce le démantèlement de ses programmes secrets d’armement. Il reconnaît ensuite la responsabilité de son pays dans les attentats contre un avion américain au-dessus de Lockerbie, en Ecosse, attentat faisant 270 morts en 1988, et l’attentat commis contre un avion français au Niger faisant 170 morts en 1989, et verse des indemnisations aux familles des victimes.

L’ex-paria s’ouvre enfin à l’Occident. Kadhafi reçoit les dirigeants occidentaux, tandis qu’à l’étranger on lui déroule le tapis rouge, comme à Paris et plus récemment à Rome, suscitant des polémiques.

Fort de son pétrole, il réussit en 2008 à solder son passé avec l’Italie en obtenant des excuses et des dédommagements de Rome pour la période coloniale.

Plus récemment, il fait plier la Suisse qui lui présente ses excuses, un an après l’arrestation de son fils Hannibal pour des violences sur ses domestiques.

Et il accueille triomphalement Abdelbasset al-Megrahi, condamné pour l’attentat de Lockerbie, libéré pour raisons de santé.

Néanmoins, la réconciliation avec l’Occident n’est pas en mesure d’apaiser les manifestations à l’intérieur du pays. La Libye est en proie depuis plusieurs mois à des violences meurtrières depuis que les Libyens sont descendus dans les rues pour protester contre leur gouvernement, après que leurs voisins tunisiens et égyptiens eurent fait chuter leurs régimes en place dans leurs pays respectifs.

Aux troubles intérieurs, se mêlent également l’intervention des pays étrangers. Plusieurs pays occidentaux et puissances militaires arabes sont intervenus en mars en Libye, dans le cadre d’une résolution de l’ONU en vue de protéger les civils, et l’OTAN a pris la direction de cette intervention militaire multinationale quelques semaines plus tard.

Les forces rebelles, soutenues par les « colonisateurs » selon les termes de Kadhafi, contrôlent la majeure partie de Tripoli.

Selon des analystes occidentaux, pour le colonnel Kadhafi, il ne reste que deux choix: quitter son pays et s’exiler à l’étranger; ou être capturé voire même tué par les forces rebelles. Cependant Kadhafi reste confiant et ferme, en prédisant une « fin proche » aux rebelles et à l’OTAN. Assailli de toutes parts, cet ancien dirigeant de la révolution libyenne fait toujours preuve d’inflexibilité face aux raids lancés par ses ennemis.

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