Crise le Mali-CEDEAO: Alger offre sa médiation et propose une transition raisonnable de 12 à 16 mois

Alger (© 2022 Afriquinfos)- L’Algérie, pays partageant une longue frontière terrestre avec le Mali, veut s’impliquer dans la crise qui oppose les autorités maliennes de transition et la CEDEAO. Dans un communiqué rendu public par la Présidence algérienne, elle offre sa médiation et propose une durée de transition moins longue que celle soumise à la CEDEAO par Assimi Goïta et son Gouvernement.  

Les relations entre Alger et Bamako sont séculaires et empreintes de bonne entente. C’est en vertu de cela que suite aux sanctions prises par la CEDEAO à l’encontre de son voisin, la présidence algérienne a réagi. On peut ainsi lire dans un communiqué qu’en «sa double qualité de chef de file de la Médiation internationale et Président du Comité de suivi de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, et à titre également de pays voisin partageant une longue frontière terrestre ainsi qu’une longue histoire de bon voisinage et fraternité avec le Mali, et à l’occasion de ses interactions récentes avec les autorités maliennes, tout en mettant en garde contre les conséquences politiques, sécuritaires et économiques que peut avoir toute transition longue telle que celle envisagée par la partie malienne, l’Algérie a plaidé pour un dialogue serein et réaliste avec la CEDEAO en vue de parvenir à un plan de sortie de crise qui tienne compte des exigences internationales et des aspirations légitimes du peuple malien, ainsi que des facteurs endogènes liés aux dynamiques nationales maliennes».

Dans la note officielle, Alger rappelle que le président algérien avait déjà, le 6 janvier dernier, lors d’une audience accordée à une délégation malienne, «insisté sur la nécessité pour les autorités de la transition du Mali de s’engager à faire de l’année 2022 celle de l’instauration d’un ordre constitutionnel malien rassembleur et consensuel ayant pour objectif de consacrer les acquis et les préconisations de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali issu du processus d’Alger».

C’est en ce sens que «le Président Abdelmadjid Tebboune qui a fait valoir l’exigence d’une approche inclusive répondant à la complexité des problèmes structurels et conjoncturels et aux défis que le Mali doit relever, y compris dans la lutte contre le terrorisme, a estimé raisonnable et justifiable une période de transition d’une durée ferme de douze (12) à seize (16) mois», lit-on encore dans le communiqué algérien.

Les autorités algériennes ont réitéré leur attachement à la souveraineté, à l’unité et l’intégrité territoriale de la République du Mali, et ont encouragé les dirigeants de la transition à l’adoption d’une attitude responsable et constructive avant d’ajouter que «devant les risques graves et les épreuves que portent en elle la panoplie de sanctions massives annoncées par le Sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la CEDEAO ce 9 janvier à Accra, ainsi que les contre-mesures annoncées par le Gouvernement de la République du Mali, l’Algérie appelle toutes les parties à la retenue et au réengagement dans le dialogue en vue d’éviter à la région un engrenage de la tension et une exacerbation de la crise», temporise la même source.

Le communiqué présidentiel conclut que «l’Algérie exprime sa pleine disponibilité à accompagner activement la République du Mali et la CEDEAO dans la voie salutaire de la compréhension mutuelle autour d’une vision solidaire qui sauvegarderait les intérêts supérieurs du Peuple malien frère».

Boniface T.

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